Vêtus majoritairement aux couleurs vert et jaune de l’ANC, les manifestants ont envahi les larges artères du centre économique, dénonçant des tentatives d’« intimidation » et de « rétorsion » de la part de Washington. Une autre mobilisation était prévue plus tard dans la journée au Cap.
Cette manifestation s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques, notamment après la plainte déposée par Pretoria contre Israël pour « génocide » devant la justice internationale, mais aussi en raison de divergences sur la politique intérieure sud-africaine. Les autorités américaines critiquent en particulier les programmes de discrimination positive et évoquent une supposée persécution des Afrikaners, descendants des colons européens.
« Je pense qu’ils comprendront le message : il faut respecter notre président, nos lois et nos politiques », affirme Siyanda Moloi, un manifestant de 34 ans.
Dans son appel à manifester, l’ANC avertit que le « principe de souveraineté nationale est remis en cause par des forces étrangères et nationales ». La mobilisation fait suite à la convocation, début mars, de l’ambassadeur américain Brent Bozell pour des propos jugés « non diplomatiques ». Celui-ci avait notamment déclaré n’avoir « rien à faire » que les tribunaux sud-africains ne considèrent pas le chant controversé « Kill the Boer » comme un discours de haine envers les Afrikaners.
Les tensions s’étendent également au domaine économique. Les États-Unis ont imposé des droits de douane de 30 % sur plusieurs exportations sud-africaines, les plus élevés d’Afrique subsaharienne, avant qu’une décision judiciaire ne les conteste. L’Afrique du Sud fait par ailleurs partie des 60 pays sous enquête commerciale américaine, susceptible de déboucher sur de nouvelles mesures restrictives.
Dans les rangs des manifestants, le sentiment d’injustice était palpable. « Ils nous détestent », déclare Noxolo Skomolo, agent immobilier de 53 ans. « On est là pour protéger notre Constitution. C’est notre terre et notre pays », ajoute-t-elle, arborant un t-shirt sur lequel on pouvait lire : « On ne va pas se laisser marcher dessus ».
La mobilisation, particulièrement suivie à Johannesburg, s’est tenue le 21 mars, date symbolique en Afrique du Sud. Elle commémore le massacre de Sharpeville en 1960, lorsque les forces de l’apartheid ont tué au moins 69 manifestants qui réclamaient la fin des laissez-passer contrôlant les déplacements des Noirs.
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