Les Malgaches l’ont véritablement découvert samedi dernier, lorsqu’il est apparu dans une vidéo devenue virale, appelant les forces de sécurité à refuser l’ordre de tirer sur les manifestants. Ce message, perçu comme un tournant dans la crise politique, a marqué le point de rupture avec le régime sortant.
Originaire de la région aride de l’Androy, dans l’extrême sud du pays, Michael Randrianirina a gravi les échelons de l’armée avant d’entrer en politique. Ancien commandant du bataillon d’infanterie de Tuléar, il a ensuite été nommé gouverneur de l’Androy (2016-2018), où il s’est forgé une réputation de gestionnaire rigoureux et proche du terrain.
Connu pour son franc-parler, il s’est souvent montré critique envers le pouvoir d’Andry Rajoelina. En novembre 2023, il avait d’ailleurs été arrêté et incarcéré à Tsihafay, près d’Antananarivo, pour « incitation à la mutinerie militaire ». Condamné à un an de prison avec sursis pour « atteinte à la sûreté de l’État », il avait alors dénoncé une manœuvre politique visant à le réduire au silence.
Mais c’est sa prise de parole du week-end dernier qui a changé le cours des événements. En appelant à la désobéissance, Michael Randrianirina a cristallisé le mécontentement d’une partie de l’armée et de la population. Quelques jours plus tard, le régime Rajoelina s’effondrait, ouvrant la voie à une nouvelle ère politique encore incertaine.
Modeste dans ses déclarations, l’ancien officier assure n’avoir été qu’un « simple exécutant » des aspirations du peuple. Reste à savoir si cet homme discret et déterminé saura désormais transformer cette légitimité acquise dans la rue en leadership durable pour la Grande Île.
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