Directeur de publication du média en ligne Olofofo, connu pour ses positions critiques envers le régime béninois, Sossoukpè avait pourtant été officiellement invité à un salon de l’innovation digitale organisé par les autorités ivoiriennes.
Cette arrestation a provoqué une vive controverse, notamment en raison du statut de réfugié dont bénéficiait le journaliste. Reporters sans frontières (RSF) et les avocats du journaliste dénoncent une arrestation arbitraire, qu’ils qualifient d’« enlèvement » en violation du droit international.
En réaction, le gouvernement ivoirien s’est exprimé par la voix de son porte-parole, Amadou Coulibaly. « Les autorités n’étaient pas informées que M. Sossoukpè bénéficiait de l’asile politique », a-t-il déclaré à l’AFP. Le ministre affirme par ailleurs que le mandat d’arrêt international émis par le Bénin n’était pas connu au moment de l’invitation.
Selon Abidjan, l’invitation du journaliste relevait d’un cadre strictement professionnel. « Le ministre de la Transition numérique avait convié une cinquantaine de journalistes sur la base de leurs compétences », a précisé Amadou Coulibaly, ajoutant que l’arrestation s’est faite « en toute légalité », dans le cadre de la coopération judiciaire entre les deux pays.
De son côté, le journaliste Hugues Sossoukpè a été extradé vers le Bénin, où il est actuellement détenu à Ouidah, dans le sud du pays. Il est poursuivi pour harcèlement via un système informatique, rébellion et apologie du terrorisme.
Alors que plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une atteinte à la liberté de la presse, cette affaire risque de tendre davantage les relations entre défenseurs des droits humains et les autorités des deux pays.
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