Originaire de Montpellier, Othman Garrido avait rejoint la Syrie en 2012, à l’âge de 18 ans. Il a d’abord intégré Jabhat al-Nosra, alors branche syrienne d’Al-Qaïda, avant de rejoindre les rangs de l’EI. Après huit années passées en Irak et en Syrie, il a été arrêté puis expulsé par la Turquie vers la France en 2020.
Le dossier repose notamment sur plusieurs photographies retrouvées dans un téléphone attribué à son épouse, qu’il avait épousée religieusement dans les territoires contrôlés par l’EI. Ces clichés avaient été transmis aux enquêteurs français par les États-Unis, qui dirigeaient alors la coalition internationale engagée contre l’organisation djihadiste.
Une photographie au cœur des accusations
Sur l’une des images, un homme au visage partiellement dissimulé pose devant le corps décapité d’un homme. Du sang est visible sur ses mains et il effectue un geste associé à l’allégeance à l’EI.
Les enquêteurs soupçonnent Othman Garrido d’être l’homme photographié et d’avoir participé à la mise à mort. Toutefois, la photographie n’est ni datée ni géolocalisée. L’identité de la victime n’a pas non plus été établie et les expertises n’ont pas permis de confirmer formellement l’identité de l’homme présent sur le cliché.
Othman Garrido reconnaît une ressemblance avec lui, mais conteste avoir participé à cette décapitation. Il a notamment avancé que l’homme visible sur la photographie pourrait être l’un de ses frères.
Deux Iraniens exécutés en Syrie
Un autre volet du procès concerne la mort de deux Iraniens en 2015 à Al-Qaryatayn, dans le centre de la Syrie. À cette période, l’Iran combattait aux côtés des forces du régime de Bachar al-Assad dans la guerre civile syrienne.
Plusieurs photographies montrent des membres de l’EI autour des corps des deux victimes. Othman Garrido apparaît sur certains clichés, notamment aux côtés de Yacine Rettoun et Oumar Diaw, deux djihadistes français soupçonnés d’avoir procédé aux exécutions et aujourd’hui présumés morts.
Il apparaît également dans le véhicule utilisé pour transporter les deux hommes jusqu’au lieu de leur mise à mort. Sur ce volet, Garrido reconnaît avoir été présent lors de leur exécution.
Un parcours marqué par la radicalisation
Le procès doit également revenir sur le parcours personnel de l’accusé et son évolution idéologique. Othman Garrido a grandi dans une famille fortement marquée par l’idéologie djihadiste. Il a été déscolarisé à 12 ans et travaillait alors sur les marchés avec son père.
Son père, un Franco-Espagnol converti à l’islam, est mort en kamikaze en 2016. Ses deux frères ont également été tués au combat.
Depuis son incarcération en France, les experts estiment toutefois qu’il se serait progressivement éloigné de l’idéologie djihadiste. En avril 2023, l’administration pénitentiaire évoquait notamment une possible « déconstruction idéologique ».
Othman Garrido avait déjà été condamné en 2017 à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint l’État islamique, combattu en Syrie et appelé des musulmans de France à commettre des actions violentes. Cette condamnation ayant été prononcée alors qu’il se trouvait en Syrie, il doit être rejugé en sa présence après le procès consacré aux accusations d’assassinat et de meurtres.
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