Selon la plainte déposée, l’inspecteur général de la police aurait ignoré une décision rendue par la justice en 2025. Ce jugement obligeait les forces de l’ordre à publier un avis officiel avant toute mesure susceptible de perturber la circulation publique.
Pourtant, lors des récentes manifestations, la police a installé plusieurs barrages sur les principaux axes routiers de Nairobi, provoquant d’importantes perturbations du trafic et limitant les déplacements dans la capitale.
Les autorités défendent toutefois cette opération. Le gouvernement affirme que ces restrictions étaient nécessaires pour prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public. Selon sa version, des groupes criminels auraient été recrutés afin de profiter des rassemblements pour organiser des pillages et s’en prendre à des civils.
Cette nouvelle procédure judiciaire intervient dans un climat de fortes tensions entre les organisations de défense des droits humains et les autorités sécuritaires. Les manifestations qui ont secoué le Kenya entre juin et juillet 2024, puis à la même période en 2025, ont laissé de profondes blessures dans le pays.
D’après plusieurs organisations de la société civile, ces mobilisations auraient fait 127 morts. Elles accusent les forces de sécurité d’avoir eu recours à des tirs à balles réelles contre des manifestants, des allégations que les autorités contestent régulièrement.
Cette affaire pourrait ainsi raviver le débat sur le respect de l’État de droit, la responsabilité des forces de l’ordre et la protection des libertés publiques au Kenya, alors que les appels à davantage de transparence et de justice continuent de se multiplier.
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