Cette intervention intervient dans un contexte de recrudescence des tensions anti-immigrés. Ces dernières semaines, plusieurs manifestations ont visé des ressortissants étrangers, accompagnées dans certains cas de violences et de pillages de commerces. Face à cette situation, le chef de l’État a dénoncé les tentatives de certains groupes de détourner les préoccupations légitimes des citoyens à des fins politiques, affirmant que le gouvernement ne laisserait pas le pays être déstabilisé.
L’Afrique du Sud est confrontée à une grave crise sociale marquée par un chômage élevé, particulièrement chez les jeunes. Selon les chiffres présentés par le président, le taux de chômage des jeunes atteint 42 %, contre 32 % pour l’ensemble de la population active. Cette situation alimente un sentiment de frustration dans plusieurs communautés, où certains accusent les immigrés de prendre les emplois des Sud-Africains ou d’exercer une pression sur les services publics.
Cyril Ramaphosa a toutefois rejeté les accusations de xénophobie généralisée visant son pays. Il a dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de désinformation ternissant l’image de l’Afrique du Sud, tout en reconnaissant que la gestion de l’immigration constitue un défi important. Selon lui, les Sud-Africains ne sont pas xénophobes et cherchent avant tout des solutions aux difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés.
D’après les statistiques officielles, plus de trois millions d’étrangers vivent actuellement en Afrique du Sud, soit environ 5,1 % de la population. Le président a appelé à préserver les valeurs de tolérance et de solidarité qui ont marqué la transition démocratique du pays, estimant que les défis économiques ne doivent pas conduire à la stigmatisation des migrants ni compromettre la cohésion nationale.
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