La cérémonie de rétrocession s’est déroulée le mercredi 10 juin 2026 en présence des autorités nationales, des représentants diplomatiques et des partenaires de la Minusca. Située dans la préfecture de la Lobaye, à proximité de Bangui et de la frontière avec la République du Congo, la base de Mbaïki occupe une position stratégique au cœur d’une zone longtemps marquée par l’insécurité.
Une infrastructure stratégique désormais sous contrôle de l’État
Établie sur une superficie d’environ 214 000 mètres carrés, la base dispose de logements, d’installations d’entraînement, de tours de surveillance, de points d’eau et de groupes électrogènes. L’ensemble de ces infrastructures est désormais placé sous la responsabilité de l’État centrafricain.
En parallèle, le contingent tunisien qui assurait jusqu’ici la sécurité du site sera redéployé vers d’autres régions où les défis sécuritaires demeurent importants.
La Minusca poursuit sa reconfiguration
Pour Valentine Rugwabiza, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies et cheffe de la Minusca, cette rétrocession s’inscrit dans une dynamique déjà engagée. Avant Mbaïki, plusieurs bases ont été transférées aux autorités nationales, notamment à Bamingui, Dékoa, Dilapoko, Ippy, Kouango et Pombolo.
Elle a toutefois rappelé que si la préfecture de la Lobaye connaît une amélioration progressive de la situation sécuritaire grâce au retour de l’administration publique, les populations attendent désormais des forces nationales qu’elles consolident durablement ces acquis et garantissent la protection des civils.
Les habitants appellent à maintenir la sécurité
À Mbaïki, cette transition suscite à la fois de l’espoir et de la prudence. Après plus de dix ans de présence de la Minusca, plusieurs habitants souhaitent que les forces de défense et de sécurité prennent efficacement le relais face à une recrudescence récente des actes de banditisme.
Pour les autorités locales, la conservation de cette base représente un atout majeur pour préserver la stabilité dans cette région stratégique du sud-ouest de la Centrafrique.
Une présence onusienne appelée à évoluer
Le Premier ministre centrafricain, Félix Moloua, a tenu à rassurer sur le maintien de la coopération avec les Nations unies. Selon lui, la rétrocession de la base de Mbaïki ne signifie pas un retrait de la Minusca du territoire national, mais une adaptation de son dispositif aux nouvelles réalités sécuritaires.
Cette remise constitue la sixième rétrocession officielle de base militaire aux autorités centrafricaines. Elle intervient dans un contexte de réduction des effectifs civils et militaires de la mission, conséquence directe d’une baisse de 15 % de son budget.
Sur la centaine de bases que compte encore la Minusca à travers le pays, 21 ont déjà été fermées en 2026. L’objectif fixé est de fermer ou de transférer au moins 27 emprises d’ici la fin de l’année, tout en maintenant une présence dans les zones où les menaces sécuritaires persistent.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie









