Face à la recrudescence des cas d’Ebola en Afrique centrale et de l’Est, Washington a demandé à plusieurs pays européens de suspendre l’accueil des voyageurs en provenance de la RDC, du Soudan du Sud et de l’Ouganda. Les autorités américaines redoutent une propagation du virus vers leur territoire par l’intermédiaire de l’Europe, notamment à l’occasion de la Coupe du monde de football qui rassemble des milliers de supporters venus du monde entier.
Cependant, cette requête a été rejetée par la Belgique, qui affirme agir en concertation avec les autres États membres de l’Union européenne. Lors d’une réunion des ministres européens de la Santé, les Vingt-Sept ont convenu de ne pas instaurer d’interdiction générale d’entrée visant les ressortissants des pays concernés.
Le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, a défendu cette position en rappelant qu’aucune fermeture des frontières n’est actuellement préconisée par les principales autorités sanitaires internationales. Il a également critiqué la politique américaine en matière de coopération internationale, estimant que les réductions de l’aide au développement et du soutien médical en Afrique pourraient avoir de lourdes conséquences sur la gestion des crises sanitaires.
L’Union européenne privilégie les contrôles sanitaires
Plutôt qu’une interdiction d’entrée, l’Union européenne mise sur le renforcement des contrôles dans les aéroports et sur une surveillance sanitaire accrue des voyageurs en provenance des zones touchées par l’épidémie.
Ni l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ni le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) ne recommandent, à ce stade, la fermeture des frontières ou la mise en quarantaine systématique des voyageurs. Les autorités européennes entendent donc suivre ces avis scientifiques afin d’éviter des mesures jugées disproportionnées.
Washington accentue la pression sur les Européens
Depuis le début du mois de juin, l’administration américaine multiplie les démarches diplomatiques pour convaincre ses partenaires européens d’adopter une ligne plus stricte. Les États-Unis considèrent que la protection de leur population passe par une limitation drastique des déplacements en provenance des pays affectés par Ebola.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a affirmé que son pays ne pouvait « se permettre d’importer Ebola sur son territoire » et devrait prochainement désigner un émissaire chargé de coordonner la stratégie nationale de lutte contre l’épidémie ainsi que les actions des différentes agences fédérales.
Malgré cette pression, l’Union européenne maintient sa position : privilégier une réponse fondée sur les recommandations scientifiques et le renforcement des contrôles sanitaires plutôt que sur une fermeture généralisée des frontières.
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