Ces violences, menées par des groupes jihadistes affiliés au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans et au Front de libération de l’Azawad, ont visé plusieurs localités stratégiques du pays. Elles ont notamment entraîné la mort du ministre de la Défense Sadio Camara et permis aux rebelles de reprendre le contrôle de Kidal, ravivant les inquiétudes sur la stabilité du pays.
Une réapparition très attendue
L’absence prolongée du chef de l’État avait suscité de nombreuses interrogations et critiques. Sa réapparition à Bamako, où il a rencontré l’ambassadeur de Russie, marque une tentative de reprise en main dans un contexte sécuritaire dégradé.
Dans la foulée, Assimi Goïta s’est rendu au chevet des soldats blessés dans un hôpital de la capitale. Une visite symbolique, mais sans déclaration publique immédiate.
« La situation est maîtrisée », assure le chef de la transition
C’est finalement dans une allocution télévisée d’une dizaine de minutes que le président de la transition a livré sa lecture des événements. Il a qualifié les attaques d’« extrême gravité », tout en affirmant que les forces armées maliennes avaient réussi à contenir la menace.
« Grâce à la promptitude et au professionnalisme des forces de défense et de sécurité, un coup d’arrêt a été infligé aux assaillants », a-t-il déclaré.
Dans un ton volontairement rassurant, il a insisté sur le renforcement du dispositif sécuritaire : « La situation est maîtrisée et les opérations de recherche et de renseignement se poursuivent ».
Souveraineté, unité nationale et lutte contre le terrorisme
Dans son discours, Assimi Goïta a également réaffirmé la ligne politique de la transition, centrée sur la souveraineté nationale. Un choix qu’il reconnaît coûteux, mais qu’il juge indispensable pour l’avenir du pays.
Il a appelé à un sursaut national face à la menace terroriste, insistant sur la nécessité de préserver l’unité du pays : « C’est dans l’épreuve qu’une nation renforce sa cohésion. Nous devons nous dresser contre toute forme de division ».
Le chef de l’État a par ailleurs mis en garde contre la propagation de fausses informations, appelant les Maliens au calme et à la lucidité.
Menace persistante : un nouveau blocus autour de Bamako
Malgré ce discours rassurant, la situation sur le terrain reste préoccupante. Des groupes jihadistes ont annoncé un nouveau blocus autour de Bamako, après une première tentative qui avait déjà fortement perturbé l’approvisionnement de la capitale.
L’objectif affiché : contrôler les flux de personnes et de marchandises, accentuant la pression sur les autorités. En réponse, l’armée malienne a renforcé son déploiement autour de la capitale, mobilisant des unités initialement destinées à d’autres fronts.
Cette stratégie défensive illustre la complexité de la situation : les forces maliennes doivent désormais faire face simultanément à la menace jihadiste au sud et à la pression des groupes rebelles dans le nord, notamment à Kidal.
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