Selon la commission, les violences survenues après le scrutin ont fait 490 hommes et 28 femmes parmi les victimes, incluant des civils, des enfants et des membres des forces de l’ordre. Le rapport recense également 2 390 blessés.
Des données jugées « sous-évaluées » par les partis d’opposition et les organisations de défense des droits humains, qui avancent un bilan pouvant atteindre 2 000 morts et plus de 5 000 blessés à travers le pays. Cette divergence alimente les tensions politiques dans un contexte déjà marqué par des accusations de fraude électorale.
Des manifestants désignés comme responsables
Le document pointe directement la responsabilité des manifestants dans les violences. Son président, le juge Othman, évoque des « preuves indéniables » d’une mobilisation « planifiée, coordonnée et financée par des individus entraînés ».
Le rapport avance également des facteurs socio-économiques, notamment la hausse du coût de la vie, ainsi qu’un supposé « manque de patriotisme » chez certains jeunes. Il évoque en outre l’utilisation de l’intelligence artificielle pour manipuler des informations et suggère que certaines disparitions pourraient être liées à des motifs personnels ou à des mises en scène.
La commission souligne enfin que les manifestations n’étaient pas déclarées, les jugeant illégales, et recommande l’ouverture d’enquêtes criminelles pour identifier les instigateurs et faire la lumière sur les disparitions signalées.
Accusations de dissimulation et tensions politiques
En réaction, l’opposition et plusieurs ONG dénoncent un rapport biaisé, accusant le gouvernement de chercher à « blanchir » les exactions des forces de sécurité. Elles évoquent notamment des allégations de fosses communes et de coupures d’accès à internet au plus fort de la crise.
Des témoignages de manifestants traduisent également un sentiment de frustration face à l’absence de désignation claire de responsables. Beaucoup réclament des enquêtes indépendantes et des garanties d’impartialité judiciaire.
Samia Suluhu Hassan tente d’apaiser
Réélue avec 98 % des voix lors du scrutin contesté, la présidente Samia Suluhu Hassan a assuré vouloir prendre en compte les recommandations de la commission. Elle a réaffirmé son engagement en faveur de la réconciliation nationale, tout en saluant l’action des forces de l’ordre.
La cheffe de l’État a également estimé que ce rapport confirmait que l’ampleur des pertes humaines avait été « exagérée », une déclaration qui risque de prolonger les tensions dans le pays.
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