La cérémonie d’investiture, organisée dans la capitale, revêt une dimension politique majeure. Elle coïncide avec le lancement symbolique de la VIIe République, instaurée à la suite de l’adoption de la nouvelle Constitution en 2023. Les autorités centrafricaines présentent cet événement comme un tournant institutionnel et un acte de souveraineté.
Plusieurs chefs d’État et personnalités régionales sont attendus, notamment des représentants de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ainsi que le président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye.
Bangui mise en scène comme vitrine de renouveau
À l’approche de l’investiture, les autorités ont engagé une série de travaux d’embellissement à Bangui afin de projeter l’image d’une capitale en pleine transformation. Réhabilitation des infrastructures routières, remise en service de feux tricolores après plus d’une décennie d’inactivité, rénovation de sites emblématiques comme la place Omar-Bongo ou encore modernisation du complexe sportif Barthélemy-Boganda : autant d’initiatives mises en avant par le gouvernement.
Selon le ministre de la Communication, Maxime Balalou, cette investiture constitue un « moment sublime de communion ». De son côté, le porte-parole de campagne Evariste Ngamana évoque « un acte politique fort » à portée historique.
Critiques de l’opposition et tensions politiques
Cependant, cette mise en scène ne fait pas l’unanimité. L’opposant Crépin Mboli-Goumba dénonce un renforcement du culte de la personnalité, notamment après l’installation récente d’une statue à l’effigie du président dans la capitale. Il compare cette situation à des périodes controversées de l’histoire politique du pays, évoquant l’ère de Jean-Bedel Bokassa.
Un mandat marqué par de lourds défis
Ce nouveau mandat de sept ans s’ouvre dans un contexte particulièrement complexe. Parmi les priorités du président Touadéra figurent la nomination d’un vice-président, ainsi qu’un éventuel remaniement gouvernemental attendu après les élections législatives prévues fin avril.
Sur le fond, les défis restent nombreux : lutte contre la pauvreté, recul de l’aide internationale avec le désengagement progressif de certaines ONG, et dégradation de la situation sécuritaire. La réduction de la présence de la mission de l’ONU dans le pays suscite également des inquiétudes quant à la stabilité à long terme.
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