Cette décision intervient dans un contexte de transition politique « fragile » depuis le coup d’État d’octobre 2025 et ouvre la voie à la formation d’un nouvel exécutif.
Un gouvernement dissous après des critiques de jeunes organisations
La présidence a confirmé la fin des fonctions de l’équipe gouvernementale dans un communiqué officiel. Cette annonce suit les appels à la démission ou à la dissolution formulés par plusieurs organisations de jeunes se réclamant des générations Y et Z.
Ces groupes avaient dénoncé la gestion administrative du pays, estimant que le Premier ministre ne remplissait pas pleinement ses fonctions et que plusieurs ministres ne maîtrisaient pas leurs responsabilités. Selon eux, le pays risquait ainsi de « sombrer dans le désordre ».
Le colonel Randrianirina a indiqué qu’un nouveau Premier ministre serait nommé prochainement avant la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale.
Une mesure présentée comme conforme à la Constitution
La présidence précise qu’il ne s’agit pas d’une vacance du pouvoir exécutif, mais d’une réorganisation de l’exécutif dans le cadre de la transition. Depuis la fin de l’année 2025, Madagascar est dirigé par un pouvoir de transition dominé par les forces militaires.
Une crise née des manifestations de 2025
La situation politique s’était détériorée à partir de septembre 2025 avec des manifestations dans plusieurs villes, notamment à Antananarivo. Les jeunes protestataires dénonçaient la vie chère, les pénuries d’eau et d’électricité ainsi que des accusations de corruption touchant le président Andry Rajoelina.
Début octobre, une partie de l’armée a manifesté sa sympathie pour les protestataires. Le 12 octobre, l’unité d’élite CAPSAT s’est mutinée et a rejoint les manifestations. Le lendemain, le président Rajoelina a quitté le pays pour un « lieu sûr » à l’étranger, tout en affirmant rester président légitime. Malgré un décret présidentiel annonçant la dissolution de l’Assemblée nationale, les députés ont voté sa destitution. Dans la foulée, le colonel Randrianirina et plusieurs officiers alliés ont pris le pouvoir et dissous plusieurs institutions, dont le Sénat et la Haute Cour constitutionnelle.
Une transition suivie par la communauté internationale
Le 17 octobre 2025, Michaël Randrianirina a été investi président de la transition à la tête d’un Conseil chargé de la « refondation de la République », largement dominé par les forces de sécurité.
La prise de pouvoir militaire a été condamnée par l’Union africaine, qui a suspendu Madagascar de ses instances en qualifiant les événements de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ».
Depuis, plusieurs organisations régionales, notamment la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), demandent aux autorités de présenter une feuille de route claire pour revenir à l’ordre constitutionnel et organiser des élections.
En février 2026, un plan de transition a été transmis aux partenaires régionaux, mais il a été critiqué pour l’absence d’un calendrier électoral précis.
La dissolution du gouvernement annoncée le 9 mars marque une nouvelle étape dans cette transition, dont la durée et l’issue restent encore « incertaines ».
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