Au cours des dernières 24 heures, plusieurs responsables du Pastef ont publiquement exprimé leur soutien à Ousmane Sonko sur les réseaux sociaux. La porte-parole du gouvernement, Marie Rose Faye, a notamment qualifié le Premier ministre de « gardien de la révolution » dans un message publié sur Facebook. Un positionnement partagé par d’autres figures du parti, dont le ministre de la Fonction publique Olivier Boucal.
Pour de nombreux cadres du Pastef, la création d’une structure politique concurrente au sein de la majorité est perçue comme une remise en cause du projet politique qui a conduit Bassirou Diomaye Faye à la présidence.
Des accusations de « trahison » au sein de la majorité
Le député du Pastef Guy Marius Sagna s’est montré particulièrement critique à l’égard de cette initiative. Selon lui, la tentative de structurer une force politique distincte du Pastef constitue une rupture avec le projet politique initial.
« Comment Bassirou Diomaye Faye, élu pour porter le projet d’un parti politique, peut-il prendre ses distances avec ceux qui ont élaboré ce projet ? Cela n’a pas de sens. Il est en train de trahir le projet du Pastef », a-t-il déclaré, évoquant même un « hold-up sur la mobilisation populaire » qui a permis la victoire électorale.
L’opposition dénonce des divisions au sommet de l’État
Du côté de l’opposition sénégalaise, ces tensions au sein de la majorité suscitent également des critiques. Le député Thierno Alassane Sall estime que ces divisions affaiblissent l’action gouvernementale dans un contexte économique difficile.
Alors que le pays doit faire face à une dette publique élevée et à des incertitudes économiques internationales, l’opposant regrette que les rivalités politiques prennent le pas sur la gestion des priorités nationales.
Silence d’Ousmane Sonko sur la coalition
Pour l’heure, Ousmane Sonko n’a pas réagi publiquement à la tenue de la première assemblée générale de la coalition « Diomaye Président », organisée le 7 mars. Cette nouvelle structure politique affirme vouloir se préparer aux prochaines échéances électorales, conformément à sa charte.
Le 1er mars dernier, le leader du Pastef avait toutefois invité ses militants à ne pas accorder trop d’importance à cette initiative, estimant qu’elle ne constitue pas une menace sérieuse pour son parti.
Cette situation révèle néanmoins des fractures politiques croissantes au sommet de l’État sénégalais, à un moment où le pays fait face à des défis économiques et sociaux majeurs.
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