L’armée sera déployée dans les foyers de criminalité d’ici dix jours pour appuyer les forces de police dans la lutte contre les gangs de drogue et l’exploitation minière illégale, a annoncé mardi le ministre par intérim de la Police, Firoz Cachalia, devant le Parlement.
Selon les autorités, le plan d’opération a été finalisé conjointement par les états-majors militaire et policier. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie de sécurité renforcée pour endiguer une criminalité record, dans un pays où l’on recense environ 60 homicides par jour l’un des taux les plus élevés au monde.
La semaine dernière, le président Cyril Ramaphosa avait déjà annoncé l’envoi de troupes dans le Cap-Occidental, incluant la ville du Le Cap, ainsi que dans le Gauteng, cœur économique du pays dominé par Johannesburg. « Le crime organisé constitue la menace la plus immédiate pour notre démocratie, notre société et notre développement économique », avait-il déclaré.
Dans ces régions, les affrontements entre gangs rivaux pour le contrôle du trafic de stupéfiants se multiplient, tandis que les anciens bassins aurifères du Gauteng sont devenus des zones d’exploitation clandestine. L’opération devrait également s’étendre au Cap-Oriental, autre territoire fortement touché par la criminalité.
Mais la décision divise. Des experts de la sécurité et plusieurs partis d’opposition estiment que les militaires ne sont pas formés aux missions de maintien de l’ordre civil et redoutent un coût financier élevé. Certains y voient aussi le signe d’un affaiblissement des capacités policières.
Lors du débat parlementaire, Mmusi Maimane, chef du parti Build One South Africa, a vivement critiqué la mesure : « Envoyer l’armée à court terme ne réduira pas les dizaines de meurtres quotidiens dans ce pays. »
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