Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères luxembourgeois, Xavier Bettel, a plaidé pour l’ouverture de discussions directes entre l’Union européenne et le président russe Vladimir Poutine, estimant que l’Europe ne pourra pas contribuer à une issue au conflit en Ukraine sans dialogue avec le Kremlin.
« Si nous ne pouvons pas lui parler, nous ne trouverons pas de solution », a déclaré Xavier Bettel dans un entretien accordé à Euronews, appelant à des échanges « en face-à-face » avec les autorités russes. Selon lui, l’Union européenne doit impérativement être impliquée dans les discussions diplomatiques visant à mettre fin à la guerre.
Qui pour représenter l’Europe ?
Xavier Bettel s’est dit disposé à contribuer à ces efforts, tout en reconnaissant que le Luxembourg, en tant que petit État membre, ne dispose pas du poids politique suffisant pour mener seul ce type de négociations. « Si je suis trop petit pour le faire, alors le président Macron ou quelqu’un d’autre devrait pouvoir représenter l’Europe », a-t-il déclaré, estimant que Moscou ne souhaite pas dialoguer avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Ancien Premier ministre du Luxembourg, Xavier Bettel avait rencontré Vladimir Poutine à Moscou en 2015. Il affirme toutefois ne pas chercher à jouer un rôle central. « Je n’ai pas l’ego de dire que je suis la bonne personne. Si je peux être utile, je le ferai, dans n’importe quelle position », a-t-il expliqué.
Ces déclarations interviennent alors que plusieurs dirigeants européens, dont Emmanuel Macron et Giorgia Meloni, ont exprimé leur volonté de voir l’Union européenne disposer d’un siège à la table des négociations de paix. La question de la représentation européenne reste cependant ouverte.
« Qui représente l’Europe aujourd’hui ? », s’est interrogé Xavier Bettel, soulignant l’absence de Kaja Kallas lors de récents échanges à Washington. Il a plaidé pour l’émergence d’un dirigeant européen « directement élu », doté d’une légitimité politique forte. « Nous sommes absents », a-t-il regretté.
Réserves sur la diplomatie de Donald Trump
Xavier Bettel a également exprimé des inquiétudes quant à l’approche diplomatique du président américain Donald Trump. Qualifiant ce dernier « d’homme d’affaires » en quête de résultats rapides, il a estimé que le multilatéralisme, incarné notamment par les Nations unies, ne correspondait pas à sa vision.
Il s’est montré critique à l’égard de la création par Donald Trump d’un Conseil de la paix piloté par les États-Unis, perçu par certains comme une alternative aux Nations unies. « Si le droit international n’est plus respecté et que seule la loi du plus fort prévaut, ce n’est pas une bonne nouvelle pour les petits pays », a-t-il averti.
La participation de la Russie à ce conseil pose également problème, selon lui. « La Russie est un agresseur en Ukraine. Lui donner le rôle d’artisan de la paix est pour le moins problématique », a déclaré Xavier Bettel, appelant par ailleurs à une représentation accrue des voix palestiniennes au sein de cette instance.
Enfin, interrogé en marge du Conseil des affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, où les ministres doivent se prononcer sur l’inscription du Corps des gardiens de la révolution iranienne sur la liste des organisations terroristes, Xavier Bettel a dit espérer que l’Union européenne serait capable d’envoyer « un signal fort à la population iranienne ».
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