L’Union européenne renforce son engagement en faveur de l’Ukraine. Les États membres ont trouvé un accord sur un prêt de 90 milliards d’euros destiné à soutenir Kyiv face à l’invasion russe, avec un premier décaissement attendu début avril afin d’éviter toute rupture brutale de l’aide internationale.
Conclu mercredi par les ambassadeurs des Vingt-Sept après une nouvelle proposition de la présidence chypriote du Conseil de l’UE, l’accord prévoit un double soutien : 30 milliards d’euros pour stabiliser le budget ukrainien et 60 milliards pour financer l’achat d’armes et de munitions.
« L’accord conclu aujourd’hui montre que l’UE continue d’agir de manière décisive en faveur de l’Ukraine et de son peuple », a déclaré le ministre chypriote des Finances, Makis Keravnos, évoquant un signal fort en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États conformément au droit international.
Une dette commune pour financer l’effort européen
Ce prêt sera financé par l’émission d’une dette commune, garantie par le budget de l’Union européenne afin de rassurer les investisseurs. La Commission estime que les 24 États membres contributeurs devront assumer entre 2 et 3 milliards d’euros par an pour couvrir les coûts liés à l’opération.
La Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque seront, elles, totalement exemptées de toute contribution financière, y compris du paiement des intérêts annuels.
Le dispositif repose sur deux piliers : une aide macrofinancière pour soutenir l’économie ukrainienne et un volet militaire majeur. L’équilibre entre ces deux axes pourrait toutefois être ajusté si la guerre venait à prendre fin.
Priorité aux armes « Made in Europe »
La question de l’achat d’équipements militaires a été au cœur des dernières négociations. Sous l’impulsion notamment de la France, l’UE a privilégié une approche favorisant la production européenne.
Le mécanisme retenu repose sur un principe « en cascade » : les achats d’armes et de munitions seront prioritairement effectués en Ukraine, dans l’Union européenne, ainsi qu’en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse. Si ces marchés ne suffisent pas, Kyiv pourra se tourner vers d’autres fournisseurs, notamment les États-Unis.
Les partenaires stratégiques liés à l’UE par des accords de sécurité Royaume-Uni, Japon, Corée du Sud ou Canada pourront également bénéficier d’un accès prioritaire aux contrats, à condition de contribuer équitablement aux coûts d’emprunt. Une disposition qui s’inscrit dans un contexte de rapprochement politique et sécuritaire entre Bruxelles et Londres.
Des fonds versés sous conditions strictes
Le déblocage progressif des 90 milliards d’euros sera soumis à des exigences rigoureuses. Toute régression dans la lutte contre la corruption en Ukraine pourrait entraîner la suspension des financements.
Le remboursement du prêt, quant à lui, ne serait exigé que si la Russie met fin à la guerre et accepte de verser des réparations pour les dommages causés. Moscou ayant jusqu’ici rejeté cette perspective, Bruxelles pourrait être amenée à prolonger la dette sur une durée indéterminée.
Avant son entrée en vigueur, l’accord doit encore être validé par le Parlement européen, qui s’est engagé à accélérer la procédure. L’objectif reste d’assurer un premier versement dès le début du mois d’avril, une échéance jugée cruciale par Kyiv pour maintenir son effort de résistance face à la guerre en Ukraine.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie










