Selon ses proches, l’ex-Premier ministre souffre de troubles respiratoires sévères et de plusieurs complications de santé nécessitant une prise en charge spécialisée. Son médecin traitant recommande une évacuation sanitaire, estimant que les infrastructures médicales locales ne permettent pas d’assurer un suivi adapté.
Le secrétaire général du parti Les Transformateurs, le Dr Tog-Yeum Nagorngar, rappelle que ces problèmes de santé remontent à 2019, lors de la création du parti, à la suite d’une exposition aux gaz lacrymogènes lors d’une manifestation. Il affirme également que l’état de santé de M. Masra se serait aggravé depuis son incarcération, le 16 mai 2025.
Des conditions de détention dénoncées
L’un de ses avocats, Me Ouande, dénonce les conditions précaires dans lesquelles est détenu l’opposant. Selon lui, Succès Masra est enfermé dans un ancien bureau transformé en cellule, dort sur des couvertures posées à même le sol et vit dans un isolement quasi total, malgré un accès limité aux sanitaires.
De son côté, le porte-parole du gouvernement, Gassim Cherif, assure que l’ancien Premier ministre est « détenu dans les meilleures conditions possibles au Tchad ». Il affirme qu’une contre-expertise médicale a conclu que « son état de santé ne nécessite pas d’évacuation ». Une version que la défense conteste, indiquant ne pas avoir eu accès à ce rapport médical.
Une condamnation lourde dans l’affaire de Mandakao
Condamné le 9 août 2025 à 20 ans de prison ferme et à 1 milliard de francs CFA (environ 1,52 million d’euros) de dommages et intérêts, Succès Masra purge actuellement sa peine pour diffusion de messages à caractère haineux et xénophobe et complicité de meurtre. Ces accusations sont liées à l’affaire de Mandakao, un massacre ayant fait une quarantaine de morts dans un village du sud du pays, deux jours avant son arrestation.
Un dossier hautement politique
Symbole de la nouvelle génération d’opposants tchadiens, Succès Masra continue de cristalliser les tensions entre le pouvoir et la société civile. Sa détention et l’absence de réponse des autorités à la demande de ses avocats relancent le débat sur l’état de droit, les droits de l’homme et la situation des prisonniers politiques au Tchad.
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