Signée le 1er juin, la proclamation présidentielle interdisait aux étudiants étrangers nouvellement admis à Harvard d’entrer aux États-Unis pour y suivre leurs études. L’administration Trump a soutenu que l’université ne garantissait pas « une supervision adéquate » des étudiants internationaux et qu’elle « exposait le pays à des risques d’espionnage académique ».
Face à cette mesure, Harvard a rapidement déposé une plainte, dénonçant une atteinte à la liberté académique et une attaque ciblée contre l’institution. L’université a rappelé que près de 27 % de ses étudiants sont étrangers, et que cette interdiction mettait en péril leur avenir, ainsi que la diversité culturelle et intellectuelle du campus.
La juge fédérale Allison Burroughs, basée à Boston, a émis une ordonnance de suspension immédiate de la mesure jusqu’à une prochaine audience prévue le 20 juin. Elle a estimé que l’interdiction pouvait causer un « préjudice irréparable » aux étudiants concernés ainsi qu’à l’université.
« Cette proclamation repose sur des motifs arbitraires et soulève de sérieuses questions constitutionnelles », a-t-elle déclaré lors de l’audience d’urgence.
La décision a été saluée par la communauté universitaire et plusieurs ONG de défense des droits civiques, qui y voient une victoire contre la politisation de l’immigration étudiante.
Pour les étudiants admis à Harvard pour la rentrée d’automne 2025, cette suspension offre un sursis bienvenu. Nombre d’entre eux étaient bloqués dans leur pays d’origine, dans l’incapacité de planifier leur déménagement ou d’obtenir un visa.
« C’est un soulagement, mais rien n’est encore joué », confie Amina, une étudiante marocaine admise en master de biologie. « J’espère que la justice confirmera que nous avons notre place à Harvard, peu importe notre nationalité. »
Ce bras de fer judiciaire intervient alors que Donald Trump, revenu sur la scène politique avec un discours nationaliste plus dur, multiplie les annonces controversées en matière d’immigration. La suspension temporaire de la mesure ouvre la voie à une bataille juridique qui pourrait durer plusieurs mois.
D’ici là, Harvard travaille déjà sur des alternatives pour accompagner ses étudiants internationaux, notamment par le biais de cours en ligne ou de partenariats avec des universités dans leurs pays d’origine.
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