Une enveloppe destinée à répondre à l’urgence humanitaire et à soutenir les efforts de stabilisation dans une région meurtrie par les affrontements entre groupes armés et les crises alimentaires.
« Vous avez collectivement mobilisé plus de 1,5 milliard d’euros d’assistance pour les populations les plus vulnérables », a déclaré Emmanuel Macron en clôture de la conférence organisée à Paris.
« Ces chiffres ne sont pas des statistiques. Ce sont les déchirures d’une humanité blessée », a-t-il ajouté, visiblement ému.
Une aide bienvenue, mais des zones d’ombre subsistent
Sur le papier, l’annonce constitue une avancée majeure. Mais dans les faits, une partie des fonds annoncés correspond à des engagements déjà pris. Selon plusieurs sources diplomatiques, 500 millions d’euros avaient déjà été débloqués au cours de l’année, tandis qu’une autre partie provient de promesses réaffirmées lors de la conférence.
L’échéancier du versement de ces fonds n’est pas encore défini, suscitant des interrogations sur la rapidité d’exécution.
Malgré ces incertitudes, les ONG saluent un signal politique fort.
« La Conférence de Paris a replacé la crise des Grands Lacs au cœur de l’agenda international », estime Luc Lamprière, directeur du Forum des ONG internationales en RDC.
Des couloirs humanitaires et la réouverture partielle de l’aéroport de Goma
Emmanuel Macron a également annoncé la réouverture prochaine de l’aéroport de Goma, uniquement pour les vols humanitaires de jour et de petit gabarit, afin de faciliter l’acheminement de vivres et de médicaments.
De nouveaux corridors humanitaires seront créés, notamment depuis le Burundi, pour atteindre les zones les plus isolées.
Cependant, cette initiative divise.
Le Rwanda et le mouvement armé M23/AFC estiment que ces décisions devraient être discutées dans le cadre du processus de Doha, sous médiation qatarie.
« Ce n’est pas à Paris qu’on décide de la réouverture de l’aéroport de Goma », a réagi Olivier Nduhungirehe, ministre rwandais des Affaires étrangères, invoquant les risques sécuritaires actuels.
De son côté, le président Félix Tshisekedi a réaffirmé la nécessité d’un accès humanitaire immédiat et sécurisé, tout en exigeant le retrait du M23 et des forces étrangères du territoire congolais.
Des chiffres alarmants : une urgence humanitaire majeure
La situation à l’est de la RDC demeure dramatique : Près de 28 millions de personnes en insécurité alimentaire, Des millions de déplacés internes, Et, selon Emmanuel Macron, « une femme violée toutes les quatre minutes » et « un enfant toutes les trente ». Des chiffres « insoutenables », selon le président français, qui a rappelé que « l’indifférence n’est plus une option ».
L’Afrique appelée à prendre sa part
Le président togolais Faure Gnassingbé, coorganisateur de la conférence aux côtés de la France et médiateur désigné par l’Union africaine, a insisté sur la responsabilité collective africaine.
« L’Afrique doit contribuer à son propre effort humanitaire, non seulement par devoir moral, mais par dignité », a-t-il déclaré.
Il a également plaidé pour un contrôle africain renforcé de l’aide, afin d’éviter les détournements et trafics récurrents dans les zones de conflit.
« L’aide doit soulager sans nourrir la dépendance, stabiliser sans figer les rapports de force », a martelé le dirigeant togolais.
Un signal diplomatique fort, mais un défi de mise en œuvre
La conférence de Paris, qui a réuni plus de 70 délégations, dont celles des États-Unis, du Qatar et de plusieurs grandes puissances occidentales, a relancé le dialogue autour de la crise des Grands Lacs.
Kinshasa et le M23 avaient déjà signé en juillet à Doha une déclaration de principes pour un cessez-le-feu permanent, après un accord de paix RDC-Rwanda conclu à Washington en juin. Pourtant, sur le terrain, les violences continuent.
La question centrale reste donc la traduction concrète des promesses :
les milliards d’euros annoncés ne sauveront des vies que s’ils se transforment rapidement en actions tangibles, en nourriture, en soins et en sécurité pour les civils piégés dans les conflits.
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