Selon l’extrait de rôle publié par les autorités judiciaires, l’ex-chef de l’État congolais est poursuivi pour une série de crimes graves : participation à un mouvement insurrectionnel, trahison, homicide intentionnel, apologie de crimes, viol, torture, déportation, ainsi qu’occupation armée de la ville de Goma.
Ces chefs d’accusation, déjà évoqués lors de la levée de son immunité parlementaire par le Sénat en mai dernier, s’appuient notamment sur des témoignages judiciaires, en particulier celui d’Éric Nkumba, un proche de Corneille Nangaa — dirigeant de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) alliée au M23. Condamné à mort en 2024 pour sa participation à la rébellion, Nkumba aurait impliqué Joseph Kabila dans un complot présumé visant à renverser le président Félix Tshisekedi.
Joseph Kabila, aujourd’hui en exil, est peu susceptible d’assister à l’audience. Bien qu’il ait été aperçu à Goma il y a quelques semaines, il demeure officiellement hors du territoire sous contrôle gouvernemental. Son absence soulève des questions sur la suite de la procédure.
Cette affaire marque une rupture historique : c’est la première fois qu’un ancien président congolais est jugé pour des accusations aussi graves depuis l’indépendance du pays.
Un bras de fer politique de longue date
La chute de Joseph Kabila dans le viseur judiciaire débute il y a près de deux ans. Après avoir quitté le pays sans notification officielle, ses proches évoquent des menaces sur sa sécurité. En août 2024, les premières accusations émanent du président Félix Tshisekedi lui-même, qui l’accuse de soutenir les rebelles de l’AFC/M23 dans l’est du pays.
En réponse, Kabila sort de son silence. Depuis l’étranger, il dénonce une « dérive autoritaire » du régime en place. Quelques mois plus tard, il suspend ses activités à l’étranger et annonce son retour en RDC, choisissant comme point de chute Goma, fief des rebelles.
Sa présence dans cette zone instable, ses réunions publiques et ses discours critiques alimentent alors les soupçons. En mai 2025, les autorités lancent une série de mesures : levée de son immunité, perquisitions dans ses résidences et ouverture d’une instruction judiciaire.
Pendant ce temps, Kinshasa poursuit ses négociations avec l’AFC/M23. Une déclaration de principes est signée à Doha, excluant toutefois l’ancien président de toute discussion officielle. Une marginalisation politique qui précède aujourd’hui un procès à fort enjeu, aussi bien judiciaire que symbolique.
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