Selon les témoins et collaborateurs de l’opposant, Seth Kikuni a été appréhendé dès sa descente d’avion par des agents de la Direction générale de migration (DGM), de la Détection militaire des activités anti-patrie (Demiap) et de l’Agence nationale de renseignements (ANR).
« Son passeport a été confisqué par la DGM. Il a ensuite été cagoulé, menotté et conduit vers une destination inconnue », dénonce Chadrack Muikulu, chef de cabinet de l’opposant.
Selon lui, cette interpellation porterait la marque du pouvoir :
« L’ANR dépend directement du président Félix Tshisekedi. Cela signifie que l’ordre est venu du sommet de l’État. »
Le parti Piste pour l’émergence a, de son côté, qualifié l’opération de « prise d’otage politique » et d’« acte d’intimidation », estimant que le pouvoir en place cherche à dissuader toute alliance d’opposition autour de Joseph Kabila.
Une rencontre sous tension à Nairobi
Le séjour de Seth Kikuni à Nairobi s’inscrivait dans le cadre du lancement de la plateforme “Sauvons la RDC”, une initiative politique portée par Joseph Kabila, ancien chef de l’État congolais récemment condamné à mort par la justice militaire pour trahison et crimes contre la paix.
Malgré cette condamnation controversée, plusieurs figures de l’opposition ont participé à ce conclave, marquant un rapprochement inédit entre différents courants anti-Tshisekedi.
L’un des participants, Franklin Tshiamala, confiait d’ailleurs ses craintes d’être arrêté à son retour :
« J’ai pris soin d’éviter les bus VIP et de passer par les formalités classiques à la DGM. Le chef de poste m’a interrogé sur les raisons de mon voyage avant de me relâcher. Mais je m’attends à être arrêté, tôt ou tard », témoigne-t-il.
Appel à la pression internationale
Face à ce qu’elle qualifie de “harcèlement systématique de l’opposition et de la société civile”, la plateforme Sauvons la RDC appelle désormais la communauté internationale à faire pression sur Kinshasa.
Ses membres réclament la fin des arrestations arbitraires et le respect des libertés politiques garanties par la Constitution congolaise.
De son côté, le gouvernement congolais n’a pas encore réagi officiellement à cette interpellation qui suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux.
Un climat politique de plus en plus tendu
À quelques mois des prochaines échéances politiques, ces arrestations illustrent le climat de méfiance et de crispation qui règne en République démocratique du Congo.
Seth Kikuni, jeune entrepreneur et ancien candidat à la présidentielle, incarne une nouvelle génération d’opposants, souvent très actifs sur les réseaux sociaux et perçus comme un contre-pouvoir émergent face au régime Tshisekedi.
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