Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la diplomatie française dans la région. Paris met en avant une approche globale : répondre à l’urgence humanitaire tout en appuyant les efforts de paix.
Depuis 2022, la France tente de jouer un rôle de facilitateur entre Kinshasa et Kigali, notamment après la rencontre tripartite Macron–Tshisekedi–Kagame à New York, puis à travers la résolution 2773 du Conseil de sécurité, condamnant l’avancée du M23 et la responsabilité du Rwanda.
Mais contrairement aux autres processus, cette conférence veut placer l’humain au centre. Car la crise humanitaire en RDC reste l’une des moins financées au monde : au 15 octobre 2025, seulement 16 % du plan de réponse humanitaire évalué à 2,5 milliards de dollars sont couverts, contre 53 % en 2024.
« Les stocks de médicaments essentiels sont épuisés dans plusieurs zones de l’est », alerte le docteur Joseph Kakisingi, président du Conseil national des fora d’ONG humanitaires et de développement en RDC.
Des promesses de financement et des appels à faciliter l’accès humanitaire
Près de cinquante pays et organisations internationales participent à cette conférence. Les ONG espèrent un engagement massif : elles veulent doubler les financements actuels, estimés à 500 millions de dollars, pour atteindre le milliard, tout en exigeant plus de transparence et un meilleur accès humanitaire.
Les obstacles administratifs et sécuritaires sont jugés trop lourds.
Dans l’est de la RDC, taxes abusives, restrictions d’accès et insécurité chronique paralysent l’action humanitaire.
Au-delà de la RDC : un cadre régional pour la paix et la prospérité
La rencontre de Paris se veut aussi régionale. Le second segment de la conférence portera sur l’intégration économique des pays des Grands Lacs, afin de traiter les causes profondes des conflits : pauvreté, marginalisation, absence de coopération.
L’ambition est de diversifier les projets économiques au-delà des seuls secteurs miniers, en impliquant la RDC, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et la Tanzanie dans des initiatives communes.
Cependant, les divergences demeurent : Kinshasa a refusé de signer l’accord sur le cadre économique régional à Washington, estimant que la question sécuritaire doit d’abord être réglée.
Paris veut donner un nouveau souffle aux processus de paix
En marge de la conférence, une séquence sécuritaire au niveau ministériel est prévue pour renforcer la coordination internationale.
La France espère ainsi donner un nouveau souffle aux initiatives de Washington et de Doha, et rappeler que la paix durable passe aussi par une réponse humanitaire à la hauteur des besoins.
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