Le leader du principal parti d’opposition accuse le pouvoir en place de mener une « politique d’exclusion systématique » et évoque même un « plan de déstabilisation » visant sa formation politique.
Visiblement offensif, Boni Yayi a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du régime de son successeur, Patrice Talon.
« Depuis 2016, l’opposition a été systématiquement exclue de toutes les élections, sauf en 2023 », a-t-il déclaré, estimant que ces pratiques « fragilisent l’édifice démocratique » du pays.
L’ancien président (2006–2016) a rappelé que la pluralité politique et la liberté de participation électorale étaient des piliers de la démocratie béninoise, aujourd’hui menacés selon lui.
Un tête-à-tête tendu avec Patrice Talon
Boni Yayi est également revenu sur sa rencontre à huis clos du 24 octobre avec l’actuel chef de l’État, un entretien qu’il dit avoir perçu comme révélateur.
« J’ai compris que Patrice Talon renonce progressivement à faire du Bénin un État de droit et de démocratie. Il ne veut plus d’opposition », a-t-il affirmé, regrettant le manque de volonté de dialogue du gouvernement.
Cette sortie intervient dans un climat politique tendu, marqué par le rejet de la candidature du parti Les Démocrates à la présidentielle de 2026, décision perçue par de nombreux observateurs comme un coup dur pour la participation pluraliste au scrutin.
Accusations de débauchage et riposte du gouvernement
Dans la même vidéo, Boni Yayi a accusé la majorité présidentielle de tenter de débaucher des députés et responsables de son parti, dans le but – selon lui – de « provoquer la disparition de l’opposition ».
Des propos jugés « infondés et exagérés » par le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, contacté par RFI.
« Pathétique », a-t-il réagi, estimant que « Monsieur Boni Yayi fait du Mister Yayi et refuse d’assumer ses responsabilités dans la crise qui secoue son parti ».
Malgré le ton accusateur de sa déclaration, Boni Yayi a conclu en lançant un appel au dialogue national, qu’il considère comme la seule voie pour surmonter ce qu’il qualifie de « crise politique, démocratique et électorale ».
Un test démocratique majeur pour le Bénin
L’exclusion du parti Les Démocrates de la prochaine présidentielle réveille les inquiétudes sur l’avenir du pluralisme au Bénin, longtemps considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.
Alors que le scrutin de 2026 approche, la tension entre pouvoir et opposition laisse planer le risque d’un climat électoral conflictuel, à rebours de la stabilité politique que le pays a connue pendant plusieurs décennies.
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