Selon le président du Parlement, José Jerí, la motion de destitution pour « incapacité morale permanente » a été adoptée lors d’une session exceptionnelle à laquelle la cheffe de l’État ne s’est pas présentée, malgré sa convocation. Dina Boluarte pouvait assurer sa défense personnellement ou être représentée par un avocat, a précisé José Jerí.
Pour que la mesure soit validée, 87 voix sur les 122 députés présents étaient nécessaires. Le seuil a été franchi après que les principales forces politiques, y compris celles de droite et d’extrême droite jusque-là alliées à Boluarte, ont voté en faveur de sa destitution. Cinq motions avaient été déposées au cours de la journée, dont quatre examinées et approuvées à la majorité.
En attendant de nouvelles élections générales prévues pour avril 2026, c’est le président du Parlement qui assurera l’intérim du pouvoir exécutif.
Une présidente contestée et des scandales à répétition
Dina Boluarte, première femme à diriger le Pérou, était arrivée au pouvoir en décembre 2022 après la destitution de Pedro Castillo, dont elle était la vice-présidente. Son accession au pouvoir avait suscité de violentes manifestations, réprimées dans le sang : plus de 50 morts avaient alors été recensés, selon les ONG locales.
Son mandat a ensuite été terni par plusieurs controverses, notamment le « Rolexgate », scandale lié à des montres et bijoux de luxe non déclarés, ainsi qu’une rhinoplastie dissimulée en 2023, en violation de l’obligation de transparence imposée par la loi.
La cheffe d’État, désormais déchue, perd son immunité présidentielle et pourrait faire face à des poursuites judiciaires dans les prochains mois.
Un pays enlisé dans l’instabilité politique
Le Pérou connaît une crise institutionnelle sans précédent : en moins de neuf ans, le pays a vu se succéder six présidents, renversés par destitution ou contraints à la démission. Les mobilisations sociales se sont intensifiées ces dernières semaines à Lima et dans plusieurs régions, sur fond de violences liées au crime organisé et d’un mécontentement croissant face à la corruption et à la crise économique.
La chute de Dina Boluarte illustre, une fois encore, la fragilité du système politique péruvien et la défiance grandissante d’une population épuisée par des scandales à répétition.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie










