Le projet de loi, déjà rejeté en juillet dernier par le Conseil constitutionnel pour inconstitutionnalité partielle, a été amendé avant de revenir devant l’Assemblée nationale. Cette fois, il a été validé grâce à une coalition allant des partis de droite traditionnels à Chega.
« Le temps d’une immigration irresponsable est terminé », a déclaré le porte-parole du gouvernement avant le vote, insistant sur la nécessité de « contrôler et réguler les flux migratoires pour permettre une intégration avec humanisme ».
Regroupement familial et visas restreints
Parmi les principales mesures adoptées, la réforme impose désormais un délai de résidence légale d’au moins deux ans avant de pouvoir bénéficier du droit au regroupement familial.
Les visas de recherche d’emploi, jusque-là accessibles à de nombreux candidats, seront réservés uniquement aux travailleurs hautement qualifiés.
Une disposition concerne particulièrement les immigrés brésiliens – première communauté étrangère au Portugal, estimée à plus de 550 000 personnes. Ces derniers ne pourront plus régulariser leur statut après être entrés sur le territoire avec un simple visa touristique, un mécanisme jusqu’ici largement utilisé.
Une réforme dénoncée comme une « dérive xénophobe »
La nouvelle loi a immédiatement suscité de vives critiques. Pour Mariana Carneiro, dirigeante de l’ONG SOS Racismo, ce vote constitue « un virage dangereux vers l’extrême droite, le racisme et la xénophobie ».
Elle dénonce « un coup de poignard supplémentaire porté à la Constitution portugaise, aux conventions européennes des droits de l’homme et à la charte fondamentale des droits humains », ajoutant qu’il s’agit « d’une attaque flagrante contre les personnes qui choisissent de vivre et de travailler au Portugal ».
Le Portugal, longtemps considéré comme l’un des pays les plus ouverts d’Europe en matière d’accueil, compte aujourd’hui près de 15 % d’étrangers dans sa population totale. Cette réforme marque un durcissement inédit des politiques migratoires dans le pays, alignant la majorité gouvernementale sur certaines positions traditionnellement défendues par l’extrême droite européenne.
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