Dans un communiqué officiel, le porte-parole du ministère, Tukur Gusau, a dénoncé des accusations « sans fondement », expliquant que les faits rapportés par certains médias relevaient d’une « interprétation erronée d’une procédure interne ». Selon lui, les officiers récemment interpellés n’étaient concernés que par des mesures disciplinaires ordinaires, sans lien avec une quelconque manœuvre politique.
Abuja tente de calmer la tempête
La polémique est née après la publication d’articles par Premium Times et Sahara Reporters, deux médias basés dans la capitale, affirmant que seize officiers arrêtés au début du mois étaient impliqués dans un projet visant à renverser le chef de l’État. Les journalistes citaient des sources militaires anonymes évoquant une enquête confidentielle menée par les services de renseignement.
Mais du côté des autorités, la réponse a été immédiate : le ministère de la Défense a rejeté toute allégation de mutinerie ou de dissidence dans les rangs. Un ton ferme, destiné à endiguer la propagation de la rumeur dans un pays où les souvenirs de putschs militaires restent profondément ancrés.
Le poids d’un passé militaire
Depuis son indépendance en 1960, le Nigeria a connu plus d’une dizaine de coups d’État ou tentatives de putsch, la plupart menés par des officiers de haut rang. Le premier, en 1966, a marqué le début d’une longue période d’instabilité dominée par des régimes militaires successifs, de Murtala Mohammed à Sani Abacha.
Même si le retour à un régime civil en 1999 a ouvert une nouvelle ère démocratique, la méfiance entre le pouvoir civil et l’armée demeure. La moindre suspicion de dissidence dans les casernes suffit encore à raviver les peurs d’un passé autoritaire.
En réagissant aussi rapidement, le gouvernement cherche à préserver la confiance entre l’armée et le pouvoir civil, dans un contexte sécuritaire déjà tendu. Le Nigeria doit en effet faire face à des défis multiples : lutte contre Boko Haram, banditisme armé dans le Nord-Ouest, tensions communautaires et crise économique persistante.
Dans un pays où la stabilité politique reste un bien fragile, toute rumeur de putsch agit comme une onde de choc. Pour le président Bola Tinubu, encore dans les premières années de son mandat, il s’agit d’un test de solidité pour les institutions et de cohésion pour l’armée.
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