Selon les témoignages recueillis à Lamurde, les manifestantes bloquaient une route principale lorsque des militaires ont ouvert le feu après avoir été empêchés de passer. L’armée nigériane nie toute implication, assurant que les tirs proviendraient d’une milice locale opérant dans une autre zone.
Amnesty International Nigeria contredit fermement cette version. Son directeur, Isa Sanusi, affirme que « les soldats ont bien tiré sur des femmes non armées », dénonçant un « manquement persistant de l’armée aux droits humains et à l’État de droit ».
Le drame intervient alors qu’un couvre-feu était imposé à Lamurde en raison d’affrontements récurrents entre les communautés Bachama et Chobo autour d’un litige foncier. Les manifestantes accusaient les forces de sécurité de ne pas faire respecter les mesures de protection et de laisser les violences se poursuivre.
Des proches des victimes décrivent une scène d’incompréhension totale. « Après un tir en l’air, les soldats ont ouvert le feu sur les femmes », témoigne Gyele Kennedy, père d’une des victimes.
L’armée maintient toutefois que ses hommes ont répondu uniquement à l’attaque d’une milice locale, évoquant une « manipulation non professionnelle des armes automatiques ».
Ces violences ravivent le débat sur les méthodes de l’armée nigériane, régulièrement accusée d’usage disproportionné de la force lors de manifestations ou de conflits communautaires. Amnesty International exige une enquête indépendante et des poursuites contre les responsables afin de garantir la justice pour les victimes.
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