Dans un communiqué, le porte-parole du quartier général de la Défense, le major-général Samaila Uba, a annoncé la fin de l’enquête interne. « Les conclusions ont permis d’identifier un certain nombre d’officiers soupçonnés d’avoir comploté pour renverser le gouvernement. Ceux qui doivent répondre de leurs actes seront traduits devant un tribunal militaire compétent », a-t-il déclaré. Aucune date n’a encore été fixée pour l’ouverture des procès.
Un dossier sensible aux lourdes implications
Dès octobre, l’armée avait reconnu l’arrestation de 16 officiers, évoquant alors de simples « problèmes de discipline ». En coulisses, des sources gouvernementales et militaires parlaient déjà d’une tentative de coup d’État avortée, une hypothèse désormais confirmée. Selon des experts juridiques, les accusés risquent la peine de mort s’ils sont reconnus coupables.
Peu après les premières révélations, le président Tinubu avait procédé à un remaniement de la hiérarchie militaire, signe d’une profonde inquiétude au sommet de l’État. « Lorsqu’un tel événement se produit, cela révèle une faille majeure dans les services de renseignement », confiait à l’époque un haut responsable à l’AFP.
Une démocratie sous pression
Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, a connu plusieurs coups d’État militaires après son indépendance. Depuis le retour à un régime civil en 1999, la stabilité démocratique reste fragile. Un putsch aurait mis fin à 25 ans de gouvernance démocratique, dans un contexte régional marqué par une succession de coups d’État en Afrique de l’Ouest.
Cette affaire intervient alors que les forces armées nigérianes sont déjà sous forte pression : lutte contre Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest dans le nord-est, combats contre les bandits armés dans le nord-ouest, et opérations contre les séparatistes dans le sud-est. À cela s’ajoutent des plaintes récurrentes de soldats concernant les salaires impayés et les conditions de vie, facteurs de fragilisation interne.
Enjeux sécuritaires et régionaux
Malgré une baisse relative des violences par rapport à leur pic il y a dix ans, les attaques jihadistes se poursuivent, y compris contre des bases militaires. Les analystes redoutent une recrudescence de l’insécurité en 2025. Les États-Unis ont récemment renforcé leur coopération militaire avec Abuja, notamment via le partage de renseignements et des frappes conjointes contre l’État islamique au Sahel.
Au-delà des procès à venir, ce dossier met en lumière les tensions profondes au sein de l’appareil sécuritaire nigérian et les défis auxquels fait face le pouvoir civil pour préserver la stabilité démocratique du pays.
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