Alino Faso, de son vrai nom Alain Traoré, était détenu depuis janvier par la justice ivoirienne pour des accusations de « complot » et « intelligence avec des agents d’un État étranger ». Selon un communiqué publié dimanche 28 juillet dernier par le procureur de la République de Côte d’Ivoire, l’homme de 44 ans aurait mis fin à ses jours alors qu’il se trouvait en détention.
Le gouvernement burkinabè, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a convoqué lundi la chargée d’affaires de l’ambassade ivoirienne à Ouagadougou pour obtenir des explications officielles. Il a dénoncé une communication jugée « lapidaire », rendue publique trois jours après le décès, et déploré que la famille ait appris la nouvelle via les réseaux sociaux.
« Nous exigeons que toute la lumière soit faite », a déclaré le ministre, remettant en cause les conditions de détention prolongée d’Alino Faso ainsi que la thèse du suicide avancée par les autorités ivoiriennes. Le gouvernement burkinabè parle d’un « assassinat crapuleux » et demande le rapatriement immédiat du corps.
À Abidjan, la mort de l’influenceur suscite également l’émotion. Dans son quartier de Marcory, où il tenait une rôtisserie, voisins et amis expriment leurs doutes sur la version officielle. « C’était quelqu’un d’ouvert et généreux. Le suicide, on a du mal à y croire », confie un résident.
L’avocat de la famille déplore également l’absence de communication directe avec les proches du défunt. Quant à la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire, elle craint que cette affaire ne ravive davantage les tensions entre les deux pays, déjà fragilisés sur le plan diplomatique.
Une enquête est en cours, mais la pression monte pour que des clarifications rapides et crédibles soient apportées.
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