À Casablanca, environ 200 manifestants se sont rassemblés sur la place Maréchal, encadrés par un important dispositif policier.
Les slogans ont fusé : « Dignité, liberté et justice pour tous », scandait la foule, poings levés, drapeaux du Maroc, de la Palestine et du mouvement Gen Z 212 flottant côte à côte.
Sur certaines pancartes, des affiches détournées de westerns américains réclamaient même la démission ou l’arrestation de responsables politiques, comme le Premier ministre Aziz Akhannouch ou le ministre de la Santé Amine Tahraoui.
« Notre priorité désormais, c’est la libération de toutes les personnes arrêtées », confie Amin, jeune militant rencontré sur place. « Plus de 600 membres du mouvement sont toujours en prison. C’est déplorable ! Ils devraient être libérés, au même titre que les prisonniers politiques. »
Une jeunesse entre colère et désillusion
Sur le terrain, la frustration est palpable. Beaucoup de jeunes disent ne plus se sentir entendus par leurs dirigeants.
« Personne ne répond à nos préoccupations », lâche Sarah, 25 ans, visiblement émue. « Le Parlement se contente de discours sans suite. »
Pour éviter les tensions, certains manifestants viennent désormais accompagnés de leurs parents, comme Nadia, 26 ans, présente aux côtés de sa mère.
Cette dernière veut croire à un changement progressif : « Même si les autorités ne réagissent pas publiquement, le message est passé. Ils en discutent sûrement, mais sans se manifester pour l’instant. »
Un message entendu au sommet de l’État ?
Le roi Mohammed VI, lors de son discours devant le Parlement le 10 octobre dernier, avait appelé son gouvernement à agir “avec une plus grande célérité” pour améliorer les services de santé et d’éducation — deux des principales revendications du mouvement Gen Z 212.
Mais pour les jeunes Marocains mobilisés, les promesses tardent à se concrétiser.
« Tant que les conditions de vie ne changent pas, nous reviendrons dans la rue », prévient un autre manifestant.
Un mouvement générationnel qui cherche son souffle
Né sur TikTok et Instagram, le mouvement Gen Z 212 incarne la voix d’une jeunesse connectée, désabusée mais déterminée.
Son retour dans la rue, après neuf jours de pause, montre que la flamme n’est pas éteinte, malgré la répression et les arrestations.
Reste à savoir si le pouvoir répondra, cette fois, à ses aspirations profondes : plus de justice sociale, de transparence et d’écoute.
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