Dans un nouveau rapport publié ce 22 juillet 2025, l’organisation Human Rights Watch (HRW) accuse l’armée malienne et ses alliés russes anciennement du groupe Wagner, désormais opérant sous la bannière de l’Africa Corps d’avoir commis au moins 12 exécutions sommaires et 81 disparitions forcées de civils peuls entre janvier et juin 2025.
Selon HRW, ces actes ont été commis lors d’opérations militaires dans plusieurs localités du centre et de l’ouest du pays, notamment dans les régions de Ségou, Mopti et Kayes. L’organisation affirme que les victimes, exclusivement des hommes de l’ethnie peule, ont été prises pour cibles en raison de soupçons de collusion avec des groupes jihadistes affiliés au Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM), lié à al-Qaïda.
« Les témoignages concordent : des hommes en uniforme, souvent accompagnés d’étrangers parlant russe, ont procédé à des arrestations collectives, dont certaines se sont soldées par des exécutions ou des disparitions », déclare Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior pour l’Afrique à HRW.
Human Rights Watch dit avoir recueilli plus d’une trentaine de témoignages de survivants, familles de victimes, chefs de village et sources locales, corroborant les accusations. Dans le village de Belidanédji (région de Ségou), par exemple, six civils ont été exécutés le 30 mars après avoir été accusés de fournir du ravitaillement aux jihadistes. À Kourma, douze hommes arrêtés par des militaires maliens et leurs alliés russes sont toujours portés disparus.
Dans la région de Kayes, jusqu’à 65 éleveurs peuls auraient été sommairement tués en avril, après avoir été détenus par les forces de sécurité. D’autres cas ont été signalés dans la commune de Diafarabé, où des corps ont été découverts dans des fosses communes, selon des habitants.
Malgré plusieurs sollicitations, les ministères maliens de la Justice et de la Défense n’ont pas répondu aux demandes d’explication de l’ONG.
Pour HRW, ces exactions pourraient constituer des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité. L’ONG appelle les autorités maliennes à ouvrir des enquêtes impartiales et indépendantes, et invite l’Union africaine ainsi que les mécanismes de justice internationale à surveiller de près la situation.
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