Depuis plusieurs semaines, les routes menant à la capitale malienne sont devenues des zones à haut risque. Le groupe djihadiste, qui a décrété un blocus économique sur Bamako début septembre, cible régulièrement les camions-citernes en provenance des pays voisins. Mardi encore, un convoi a été pris pour cible à une cinquantaine de kilomètres de Kati, bastion militaire stratégique situé aux portes de la capitale.
Une capitale à l’arrêt, une population à bout
Dans les rues de Bamako, le carburant est devenu un bien rare. Les longues files devant les stations-service se sont effacées, remplacées par un marché noir où les prix flambent. La plupart des véhicules sont à l’arrêt, et les transports publics tournent au ralenti. Selon la télévision nationale ORTM, une trentaine de bus dits « solidaires » ont été déployés pour tenter de désengorger la ville.
Les coupures d’électricité se multiplient, les écoles restent fermées, et l’économie malienne tourne au ralenti. « Tout est paralysé, même les petits commerces n’arrivent plus à fonctionner », confie Mariam, commerçante au marché de Médina Coura. « Sans essence, on ne peut plus rien faire. »
Bamako tente de rassurer
Pour contrer la panique, des comptes pro-junte ont diffusé dès jeudi matin des images de camions-citernes escortés par l’armée, présentés comme un convoi arrivé dans la nuit à Bamako. Le pouvoir assure que des livraisons de secours sont en cours, notamment en provenance du Niger, qui aurait autorisé l’acheminement d’une centaine de citernes vers le Mali.
Face à la gravité de la situation, plusieurs voix africaines s’élèvent. Le chercheur sénégalais Alioune Tine a notamment appelé à « une solidarité régionale » dépassant les frontières de l’Alliance des États du Sahel (AES), plaidant pour une réponse concertée à la crise humanitaire qui menace la sous-région.
Une crise qui isole encore davantage Bamako
L’appel de l’Allemagne et de l’Italie à évacuer leurs ressortissants marque une nouvelle étape dans l’isolement diplomatique du Mali. Après le retrait des forces françaises, puis onusiennes, et la fermeture de plusieurs ambassades occidentales, Bamako voit se refermer un peu plus le cercle de ses partenaires européens.
Sur le terrain, les attaques du JNIM rappellent que, malgré le discours de fermeté du régime militaire, la menace djihadiste demeure intacte. Et pour les Maliens, la question du carburant n’est que le symptôme visible d’une crise plus profonde, où la guerre, l’embargo et l’isolement diplomatique se combinent pour fragiliser un pays déjà à bout de souffle.
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