Sous haute surveillance policière, le centre-ville d’Antananarivo est resté difficile d’accès toute la matinée. Les autorités ont bouclé les axes menant à Ambohijatovo, empêchant les opposants de s’y rassembler.
Pendant ce temps, des groupes de partisans pro-Rajoelina se sont réunis à Andavamamba et Ankorondrano, deux quartiers populaires de la capitale.
Sur leurs pancartes, on pouvait lire : « Tsy Mila Coup d’État – Non au coup d’État ». Malgré les appels lancés sur les réseaux sociaux, le grand rassemblement annoncé au Coliseum d’Antsonjombe n’a finalement pas eu lieu.
« Si le président doit partir, ce sera dans le cadre constitutionnel, pas avant les prochaines élections », confie Lahimana, un entrepreneur en informatique de 43 ans, venu manifester après avoir entendu un appel diffusé dans son quartier au mégaphone.
Ces partisans affirment craindre une déstabilisation politique pouvant entraîner un effondrement économique du pays.
Le mouvement Gen Z maintient la pression
De leur côté, les jeunes manifestants du mouvement Gen Z n’ont pas pu accéder au centre-ville, verrouillé par un important dispositif sécuritaire. Un rassemblement symbolique a toutefois été observé dans les environs du lac Anosy, où les protestataires continuent de réclamer plus de liberté et une réforme politique profonde.
Ces jeunes militants, majoritairement étudiants, artistes ou travailleurs indépendants, se présentent comme une génération connectée et apolitique, mobilisée contre la corruption et la précarité.
Rajoelina consulte, les ONG répliquent
Face à la montée des tensions, le président Andry Rajoelina poursuit ses consultations politiques avec les hauts fonctionnaires. Il a appelé à une “nouvelle gouvernance publique” et à un assainissement des administrations, lors d’une réunion retransmise en direct sur Facebook.
« Il est temps d’assainir et d’améliorer les administrations publiques à tous les niveaux, pour répondre davantage aux besoins du peuple », a déclaré le chef de l’État.
Dans l’après-midi, Rajoelina devait également rencontrer des représentants de la jeunesse et des organisations de la société civile. Mais plusieurs ONG, dont Transparency International, Solidarité Syndicale de Madagascar et le collectif Gen Z, ont publié un communiqué commun dénonçant le “décalage complet” entre les déclarations du président et la gravité de la situation sociale.
Elles estiment que les références du chef de l’État à un supposé “coup d’État” ou à des “cyberattaques” relèvent davantage de la stratégie politique que de la réalité.
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