Il s’est envolé dimanche pour Moscou et confie n’avoir rien à se reprocher sur cette initiative jugée controversée par l’opinion politique luxembourgeoise. « Il y a des critiques, mais je ne veux pas céder à la pression », confie-t-il
Pour le député du parti de droite réformiste, il est invité par les autorités russes pour encourager le dialogue dans un contexte de géopolitique tendu.
Fort de son passé de diplomate, Kartheiser explique vouloir aborder plusieurs sujets sensibles lors de son séjour, notamment la guerre en Ukraine, les relations entre l’Union européenne et la Russie, ou encore les droits de l’homme.
Le voyage a été annoncé via une vidéo publiée sur le réseau X avec un cachet particulier : l’eurodéputé s’y exprime en russe, une langue qu’il n’avait plus, selon lui, pratiquée depuis trente ans. « Je me suis fait aider », admet-il avec simplicité.
Sur place, l’ancien ambassadeur luxembourgeois prévoit de rencontrer les présidents des deux chambres du Parlement russe, la Douma et le Conseil de la fédération, ainsi que des membres de la commission des affaires étrangères. Des entretiens avec des médias russes sont également à l’agenda de l’ancien militaire de l’armée luxembourgeoise.
Cette démarche, « personnelle et sans mandat officiel », suscite plusieurs réactions. Le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel (DP) qualifie le voyage de « très problématique » et doute de son utilité. Le Premier ministre Luc FRIEDEN (CSV) a aussi exprimé son indignation.
Kartheiser, reste serein et affirme vouloir montrer qu’au sein de l’Union européenne, certains sont encore prêts à discuter. « C’est un témoignage clair », insiste-t-il. Il dit vouloir soumettre des propositions concrètes, tout en préférant ne pas les dévoiler à l’avance.
Ce geste pourrait toutefois lui coûter politiquement. Son groupe au Parlement européen, les Conservateurs et réformistes européens (ECR), n’écarte pas la possibilité de sanctions. Le groupe, soucieux de ne pas apparaître proche de Moscou, garde un œil critique sur l’élu depuis une interview accordée au média russe Izvestia en décembre dernier.
Kartheiser rejette toutefois toute accusation de sa sympathie envers la propagande russe. « Je suis pour la paix, pas pour la propagande. J’ai mes propres convictions. Discuter ne signifie pas se ranger à une ligne idéologique », affirme-t-il avec fermeté.
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