Ce même jour, à Abidjan, la CEI a réuni les formations politiques et candidats indépendants pour une séance d’information sur le déroulement du scrutin. Dans une salle comble, les visages enthousiastes et parfois inquiets des jeunes candidats reflétaient l’intensité du moment. Beaucoup espèrent siéger à la prochaine Assemblée nationale, symbole de pouvoir et d’influence politique.
Parmi eux, Madame Tia, candidate indépendante, affiche une détermination inébranlable malgré quatre échecs précédents. « Financièrement, c’est compliqué pour nous », confie-t-elle. « J’ai investi dans près de 50 projets sur fonds propres, mais sur le terrain, les électeurs veulent du concret immédiat. Ils disent : Madame, c’est bien ce que vous avez fait, mais quand on vous élit, on ne vous voit plus. Donc, donnez pour nous, et on votera pour vous. »
Un témoignage qui illustre les réalités économiques et sociales auxquelles se heurtent nombre de candidats, surtout les femmes, malgré la loi sur la parité.
Face à ces difficultés, le président de la CEI, Ibrahime Coulibaly-Kuibiert, appelle les futurs élus à faire de la politique autrement. « Quand ils vous disent : “Donne pour nous”, répondez : je vais vous donner la solution à votre problème. Il faut convaincre par les idées, pas par l’argent. Le vrai défi, c’est de changer les mentalités », a-t-il exhorté.
Sur le plan politique, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) du président Alassane Ouattara se montre confiant. Fort de sa large victoire à la présidentielle, le parti au pouvoir vise à renforcer sa majorité parlementaire.
« L’objectif du RHDP est clair : donner une majorité confortable au président à l’Assemblée nationale », affirme Daouda Sidibé, secrétaire national chargé de la formation électorale. « Sur les 255 sièges, nous en avions 155 en 2021. Cette fois, nous ne comptons pas faire moins. »
Du côté du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, le débat sur la participation aux législatives reste ouvert. Certains cadres plaident pour une présence active, tandis que d’autres prônent la prudence.
À moins de deux mois du scrutin, la Côte d’Ivoire entre dans une nouvelle phase politique, marquée par les espoirs, les ambitions et les incertitudes d’une démocratie encore en quête d’équilibre.
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