Ce drame a déclenché une vive émotion à travers le pays, provoquant des manifestations sévèrement réprimées par la police.
Albert Ojwang avait été interpellé suite à la publication de messages sur les réseaux sociaux dans lesquels il accusait Eliud Lagat, l’adjoint du chef de la police nationale, de corruption. D’après ses proches, il aurait été transféré de manière arbitraire à Nairobi, à plusieurs centaines de kilomètres de sa ville d’origine, avant de décéder dans des conditions suspectes en cellule.
Initialement, les autorités ont évoqué un suicide. Mais les examens médico-légaux menés par plusieurs experts ont mis en évidence des traces de violences physiques, remettant en cause cette version et laissant présumer un passage à tabac.
Le parquet a annoncé lundi avoir validé l’ouverture de poursuites pour meurtre contre six personnes, parmi lesquelles trois policiers, dont le responsable du commissariat concerné. Leur comparution devant la justice est prévue mardi. En revanche, Eliud Lagat, bien qu’évoqué par le blogueur avant son arrestation, ne fait pas partie des accusés. Il s’est mis en retrait de ses fonctions le temps que l’enquête suive son cours.
Les tensions ont encore grimpé après qu’un vendeur ambulant a été grièvement blessé par balle lors d’une manifestation à Nairobi, le 17 juin. Selon la Commission nationale des droits humains (KNCHR), au moins 22 manifestants ont été blessés ce jour-là.
Face à cette escalade de la violence, des organisations de la société civile appellent à une journée nationale de protestation ce mercredi. L’objectif : dénoncer les brutalités policières et marquer l’anniversaire de la répression meurtrière des manifestations contre la hausse des taxes, en juin 2024.
La mort d’Ojwang intervient dans un contexte particulièrement inquiétant : l’Autorité indépendante de surveillance de la police signale que 18 personnes ont perdu la vie en détention au Kenya au cours des quatre derniers mois.
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