À Nairobi, capitale verrouillée dès l’aube, les forces de l’ordre ont déployé un impressionnant dispositif pour empêcher les rassemblements prévus en mémoire des événements du 7 juillet 1990, date emblématique de la lutte pour le multipartisme sous le régime autoritaire de Daniel arap Moi.
Mais la contestation a pris une tournure bien plus large cette année, portée par une jeunesse mobilisée contre la présidence de William Ruto, accusé d’autoritarisme et de déconnexion face aux difficultés économiques. Les slogans « Ruto must go » ou « One term! » (un seul mandat) ont retenti dans plusieurs quartiers périphériques de Nairobi et dans au moins 17 comtés du pays, selon la KNCHR.
Des affrontements ont éclaté entre manifestants et policiers. La Commission dénonce également la présence de bandes masquées armées de fouets, de bâtons et de massues, opérant parfois aux côtés des forces de sécurité. Ces groupes seraient similaires à ceux qui ont attaqué, la veille, le siège de l’organisation.
Les autorités, de leur côté, accusent les manifestants de chercher à semer le chaos et évoquent une « tentative de déstabilisation de l’État ». Selon le porte-parole de la police, Michael Muchiri, des actes de vandalisme, de pillages et des attaques ciblant les forces de l’ordre ont été recensés.
Les tensions au Kenya restent vives alors que la société civile et l’opposition appellent à de nouvelles mobilisations. La Journée Saba Saba, symbole de la conquête démocratique, semble cette année ravivée par une colère populaire contre un pouvoir jugé de plus en plus répressif.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie









