L’Iran a averti qu’il frapperait les bases américaines au Moyen-Orient en cas d’attaque des États-Unis, selon une déclaration du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi diffusée samedi sur Al Jazeera. Téhéran insiste toutefois sur le fait que ces représailles ne viseraient pas les États qui accueillent ces installations militaires.
Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Téhéran, alors que les deux pays ont convenu de poursuivre des discussions indirectes sur le nucléaire iranien après des échanges jugés « positifs » à Oman. Aucune date n’a encore été fixée pour la prochaine session, même si le président américain Donald Trump évoque une reprise rapide des pourparlers.
Le chef de la diplomatie iranienne a rappelé que tout dialogue devait se faire sans « menaces ni pressions », limitant le champ des négociations à la seule question du programme nucléaire iranien. « Nous ne discutons d’aucune autre question avec les États-Unis », a-t-il affirmé, excluant les missiles balistiques ou le rôle régional de l’Iran des discussions.
Washington a récemment renforcé sa présence militaire dans la région et exige de Téhéran l’arrêt de l’enrichissement d’uranium, soupçonné d’ouvrir la voie à la fabrication d’armes nucléaires, ainsi que la fin du développement de missiles et du soutien à des groupes armés. L’Iran nie toute ambition militaire et défend son droit à un programme nucléaire civil.
L’ombre des précédents affrontements plane toujours. En juin dernier, des frappes américaines visant des installations nucléaires iraniennes — dans le sillage d’une campagne israélienne de douze jours — avaient entraîné une riposte de Téhéran, notamment une attaque de missiles contre une base américaine au Qatar.
Selon Abbas Araqchi, un scénario similaire pourrait se reproduire en cas d’escalade. « Nous ne pouvons pas frapper le territoire américain, mais nous ciblerons leurs bases dans la région », a-t-il déclaré, en soulignant la différence entre attaquer des installations militaires et viser des États voisins.
Téhéran affirme parallèlement vouloir obtenir la reconnaissance de son droit à l’enrichissement d’uranium. Les autorités iraniennes estiment qu’une négociation sur leur programme de missiles affaiblirait leur capacité de défense, notamment face aux menaces israéliennes.
Entre diplomatie prudente et rhétorique militaire, la crise entre l’Iran et les États-Unis reste donc marquée par un équilibre fragile, où chaque avancée dans les discussions nucléaires s’accompagne de mises en garde sécuritaires.
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