S’exprimant pour la première fois depuis le début de cette nouvelle vague de contestation, Ali Khamenei a averti que le pouvoir iranien ne ferait « aucun recul » face aux protestataires. Selon lui, les manifestations seraient le fait d’éléments cherchant à déstabiliser le régime, qualifiés de « vandales » et de « fauteurs de troubles ».
Le guide suprême a également accusé Donald Trump d’avoir « les mains tachées du sang de plus d’un millier d’Iraniens », en référence à la guerre de douze jours déclenchée en juin par Israël, avec le soutien des États-Unis. Il a par ailleurs prédit que le dirigeant américain serait un jour « renversé », à l’image de la dynastie du chah, renversée lors de la Révolution islamique de 1979.
Une nuit de manifestations dans plusieurs villes
Malgré une coupure quasi totale d’Internet, de nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux font état de manifestations d’ampleur dans plusieurs régions du pays. Des rassemblements ont notamment été signalés à Tabriz, dans le nord, à Mashhad, ville sainte de l’est de l’Iran, ainsi que dans l’ouest à majorité kurde, autour de Kermanshah.
D’autres images montrent des incendies dans le bâtiment du gouvernorat de Shazand, dans le centre du pays, après un rassemblement de manifestants. À Ispahan, des images non authentifiées par l’AFP montrent des protestataires mettant le feu à l’entrée d’une antenne régionale de la télévision d’État.
Selon l’ONG Netblocks, spécialisée dans la surveillance de la cybersécurité, l’Iran est resté largement déconnecté pendant plus de douze heures, une mesure destinée, selon l’organisation, à « étouffer la vague de contestation ».
Appels internationaux à la retenue
Des organisations de défense des droits humains accusent les forces de sécurité d’avoir ouvert le feu sur des manifestants, faisant des dizaines de morts depuis le début des protestations fin décembre, initialement déclenchées par la hausse du coût de la vie.
Sur le plan diplomatique, Paris a appelé les autorités iraniennes à « la plus grande retenue », tout en disant comprendre « les aspirations légitimes du peuple iranien », selon une source diplomatique française. Berlin a, de son côté, dénoncé un « usage excessif de la force » contre des manifestants pacifiques et exhorté Téhéran à respecter ses obligations internationales en matière de droits humains.
En exil, Reza Pahlavi, fils de l’ancien chah d’Iran, a appelé à une nouvelle mobilisation dans les rues, estimant qu’elle pourrait « affaiblir davantage le pouvoir répressif du régime ».
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