La politique de lutte contre l’immigration illégale menée par l’administration Trump est contestée par ses propres données. Selon un document du département de la Sécurité intérieure consulté par CBS News, moins de 14 % des personnes interpellées par la police de l’immigration (ICE) depuis janvier 2025 avaient été poursuivies ou condamnées pour des crimes violents.
Sur environ 400 000 arrestations recensées, une large majorité concernait des individus sans antécédents graves. Près de 40 % n’avaient aucun casier judiciaire et étaient visés uniquement pour des infractions administratives liées à leur statut migratoire, comme un séjour irrégulier ou un dépassement de visa.
Ces chiffres contrastent avec la rhétorique sécuritaire de Donald Trump, qui justifiait l’intensification des opérations par la nécessité de neutraliser des criminels dangereux. Le président américain affirmait régulièrement que des migrants issus de prisons ou d’institutions psychiatriques entraient illégalement sur le territoire.
Dans la pratique, une part importante des personnes arrêtées l’a été pour des délits mineurs, notamment des infractions routières, des affaires liées à la drogue ou au port d’armes — parfois légal selon les États. Les forces de l’ordre ont par ailleurs élargi leurs méthodes, avec un déploiement accru de la Border Patrol à l’intérieur du pays, sur le modèle des opérations menées aux frontières.
Ces pratiques suscitent des critiques croissantes, certains observateurs estimant que des travailleurs installés de longue date ont été ciblés. L’objectif affiché d’un million d’expulsions par an aurait contribué à multiplier les interpellations.
L’opinion publique semble également évoluer. Alors que la politique d’expulsions bénéficiait initialement d’un soutien important, près de deux tiers des Américains jugent désormais que l’ICE « va trop loin », selon un sondage PBS/NPR/Marist.
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