La décision a été adoptée par 12 voix pour et 3 abstentions, dont celles de la Chine et de la Russie. Ces deux pays avaient déjà exprimé leurs réserves l’an dernier sur la transformation de la mission. Pékin et Moscou ont de nouveau mis en doute l’efficacité d’une réponse militaire, estimant qu’Haïti a besoin d’un traitement de fond de ses crises politiques, économiques et sociales.
Une force offensive, plus nombreuse et mieux financée
Contrairement à la MMAS, qui se limitait à soutenir la police haïtienne, la nouvelle force aura un mandat offensif, lui permettant de mener ses propres opérations contre les gangs. Ses effectifs pourraient atteindre 5 500 hommes, comprenant policiers et militaires, une première depuis le déploiement international de 2023.
Le financement, jusque-là largement dépendant des contributions volontaires des États, devrait désormais reposer « en grande partie sur les contributions obligatoires du fonds de maintien de la paix de l’ONU », précise Diego Da Rin, analyste pour l’International Crisis Group (ICG). Cette prévisibilité budgétaire devrait permettre une action plus durable.
Un pays en proie à des gangs
En Haïti, la situation sécuritaire s’est dramatiquement aggravée : les gangs armés contrôlent presque l’intégralité de la capitale, Port-au-Prince, et ont étendu leur influence à deux autres départements. Pillages, assassinats, enlèvements et viols ont plongé la population dans la terreur, fragilisant encore davantage un État déjà en crise chronique.
« Cette résolution redonne un espoir à Haïti », a déclaré Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU. « Les gangs ont menacé l’existence même de l’État haïtien et risquent de transformer le pays en exportateur de crime, de violence et de drogue. »
Malgré ce vote, l’ICG prévient que la nouvelle force ne sera probablement pas déployée avant six mois. Or, le mandat actuel de la MMAS prend fin officiellement ce jeudi 2 octobre, laissant un vide sécuritaire à court terme.
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