Vêtu d’un boubou blanc, le général Doumbouya est arrivé vers 16h au siège de la Cour suprême, à bord d’un véhicule blindé, escorté par un impressionnant dispositif sécuritaire. Il n’a pas fait de déclaration à la presse, mais a salué, depuis son véhicule, une foule de partisans massée depuis le matin, scandant son nom et brandissant des pancartes à son effigie.
« Il est là, c’est le général, c’est confirmé ! » s’est exclamé un sympathisant, visiblement ému. Pour Mariama Kaba, jeune commerçante venue de Matoto, la nouvelle était un immense soulagement :
« Aujourd’hui, je suis très contente. Depuis des semaines, je ne dormais plus. Maintenant que le général s’est déclaré, je vais enfin bien dormir. Mamadi Doumbouya, c’est l’espoir du peuple », confie-t-elle, un large sourire aux lèvres, a t il indiqué au micro de nos confrères de RFI.
Même enthousiasme chez Mamadou Diouldé, un jeune militant :
« Les quatre ans qu’il a passés au pouvoir ont prouvé son amour pour la Guinée. Sa candidature, c’est celle de la jeunesse et du peuple. »
Une dizaine de candidatures enregistrées
Outre le général Doumbouya, une dizaine d’autres figures politiques ont déposé leurs dossiers avant la clôture des candidatures. Parmi elles figurent Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre, et Ousmane Kaba, ex-ministre des Finances. Faya Millimono et Makalé Camara, ancienne ministre d’Alpha Condé, ont également officialisé leurs candidatures dans la journée.
La Cour suprême dispose désormais de dix jours pour examiner la validité des dossiers et publier la liste officielle des candidats, attendue d’ici le 13 novembre.
Une élection sans les poids lourds de l’opposition
L’élection de décembre se déroulera sans les grandes figures de l’opposition guinéenne. L’ancien président Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Aliou Bah sont tous exclus de la course : les uns en exil, les autres incarcérés ou disqualifiés par la limite d’âge.
Réunis au sein des Forces vives, ces leaders dénoncent la candidature de Mamadi Doumbouya, qu’ils qualifient de « trahison » et de « confiscation du pouvoir par les armes ».
Un revirement qui divise
Lors de sa prise du pouvoir le 5 septembre 2021, le général Doumbouya s’était engagé à ne pas briguer la présidence et à remettre le pouvoir à un civil. Ce revirement alimente donc la colère de l’opposition, qui y voit une rupture du serment de transition.
Joint depuis son exil par RFI, Ibrahima Diallo, leader des Forces vives, fustige ce choix :
« Mamadi Doumbouya avait deux options : entrer dans l’histoire en respectant sa parole, ou rejoindre la longue liste de ceux qui ont confisqué le pouvoir. Malheureusement, il a choisi la seconde voie. »
Il ajoute :
« Le peuple avait fondé beaucoup d’espoir sur lui, espérant la fin du cycle de trahisons politiques. C’est un jour triste pour la démocratie guinéenne. »
Entre ferveur populaire et tensions politiques
La candidature du général Doumbouya crée un climat partagé : entre l’espoir sincère d’une partie de la population et la crainte d’un retour à une présidence militaire déguisée. Pour ses partisans, il incarne la stabilité retrouvée et la fierté nationale ; pour ses détracteurs, un nouveau symbole du pouvoir personnel.
Quoi qu’il en soit, la Guinée s’apprête à vivre une élection à haute tension, avec un chef de transition devenu candidat, et une opposition décidée à contester la légitimité du scrutin.
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