« Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut commandement », a déclaré face à la presse le général Horta N’Tam après avoir prêté serment dans une cérémonie strictement encadrée au siège de l’état-major, devenu le nouveau centre du pouvoir à Bissau.
Officier réputé proche du président sortant Umaro Cissoko Embalo, il a été formé durant l’entrée de ce dernier dans l’armée et promu major général sous son mandat.
La cérémonie, sobre et sans protocole symbolique, s’est tenue devant les principaux cadres des trois corps de l’armée terre, air et marine qui ont annoncé « l’installation officielle » du nouveau dirigeant pour une transition politique fixée à douze mois.
Détention d’Umaro Cissoko Embalo et arrestations dans l’opposition
Le président déchu Umaro Cissoko Embalo reste détenu à l’état-major, sans déclaration publique depuis mercredi. Selon plusieurs sources régionales, des chefs d’État ouest-africains seraient à la recherche d’une solution de sortie pour l’ex-chef d’État.
L’opposant historique Domingos Simões Pereira, leader du PAIGC, a lui aussi été arrêté le 26 novembre et placé en détention dans un commissariat de Bissau. À l’inverse, Fernando Diaz de Costa, principal rival à la présidentielle, affirme être en sécurité et se cacher, selon des déclarations recueillies par RFI.
La Ligue des droits de l’homme rapporte également l’arrestation de cinq magistrats chargés de surveiller le dépouillement, ainsi que huit personnalités de l’opposition.
Le Haut commandement justifie son action par une menace de déstabilisation
Dans une allocution d’une dizaine de minutes, le général Horta N’Tam a justifié cette prise de pouvoir par un « effort commun » visant à contrer une menace de déstabilisation orchestrée par des réseaux de narcotrafic. Il a également annoncé la réouverture des frontières, fermées lors de la journée de tension du 26 novembre.
Bissau paralysée malgré la levée du couvre-feu
Malgré la levée du couvre-feu à 6h du matin, les rues sont vides, les commerces fermés et la circulation automobile interdite. Les forces armées patrouillent massivement, notamment aux abords du palais présidentiel et dans les zones périphériques.
Les médias privés restent suspendus, et seuls la radio et la télévision publiques diffusent des informations émanant du groupe militaire au pouvoir. L’accès à internet et aux communications téléphoniques est fortement perturbé, selon de nombreux témoignages.
Le PAIGC appelle à la mobilisation, mais un rassemblement incertain
Ce jeudi matin, le PAIGC a appelé ses partisans à se rassembler devant le ministère de l’Intérieur pour exiger la libération de Domingos Simões Pereira. À cette heure, il demeure impossible de confirmer la tenue du rassemblement, dans un contexte de tension extrême et d’importants déploiements militaires autour des axes stratégiques de la capitale.
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