Cette mise en garde intervient après la diffusion, dimanche, d’une note vocale attribuée à Yahya Jammeh, dans laquelle il annonce son intention de rentrer au pays. Le message, largement relayé sur les réseaux sociaux, n’évoque cependant aucune date précise de retour.
Un exil qui dure depuis huit ans
Chassé du pouvoir en janvier 2017, après sa défaite face à Adama Barrow, Yahya Jammeh avait d’abord refusé de céder la présidence, plongeant la Gambie dans une grave crise politique.
Sous la pression combinée de la CEDEAO, de l’Union africaine et de l’ONU, il avait finalement accepté de partir en exil pour la Guinée-Équatoriale, où il réside toujours.
Depuis, l’ancien chef d’État n’a jamais cessé de manifester son intention de revenir, évoquant régulièrement son droit à rentrer dans son pays natal.
« Mon exil devait durer six mois », aurait-il déclaré dans sa note vocale, ajoutant qu’un protocole d’accord international conclu à l’époque de son départ autoriserait désormais son retour.
Banjul inflexible : “Yahya Jammeh devra répondre de ses actes”
Face à cette nouvelle sortie, le gouvernement gambien a réaffirmé sa position : aucun retour de Yahya Jammeh ne sera toléré sans qu’il réponde de ses responsabilités devant la justice.
Un responsable du ministère de la Justice, cité par la presse locale, a rappelé que les conclusions de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) ont clairement établi la responsabilité de l’ex-président dans de graves violations des droits humains.
« La Gambie est aujourd’hui un État de droit. Si M. Jammeh rentre, il sera arrêté et jugé », a déclaré un membre du gouvernement, soulignant que la justice ne saurait être « négociable ».
Un retour à haut risque politique
Pour ses partisans, nombreux dans l’intérieur du pays, le retour de Yahya Jammeh serait un événement majeur, susceptible de raviver les divisions politiques.
Mais pour d’autres, notamment les victimes de son régime, il représente une menace pour la stabilité et la crédibilité de la transition démocratique engagée depuis 2017.
Alors que la Gambie s’apprête à célébrer les huit ans de la fin de sa dictature, le spectre du retour de l’ancien homme fort réactive de douloureux souvenirs — et place le gouvernement d’Adama Barrow devant un délicat équilibre entre justice, réconciliation et stabilité politique.
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