Les deux prévenus, actuellement installés à Londres, sont poursuivis pour détournement de biens publics, blanchiment de capitaux, concessions irrégulières et autres crimes économiques. Ils ne devraient toutefois pas comparaître à l’audience, leurs avocats ayant déjà annoncé qu’ils boycotteront le procès, qu’ils jugent « politique ».
Les avocats dénoncent une « justice aux ordres »
La semaine dernière, depuis l’Europe, les conseils de Sylvia et Noureddin Bongo ont tenu une conférence de presse en ligne, accusant la justice gabonaise de mener une procédure « à charge », sans respect du droit à la défense.
Selon eux, leurs clients n’auraient jamais été officiellement convoqués dans le cadre du dossier.
« La justice gabonaise n’a respecté ni les formes ni les garanties élémentaires d’un procès équitable », ont déclaré les avocats, affirmant avoir introduit un recours en cassation pour contester la procédure.
Le procureur général dément et maintient la date du procès
Face à ces accusations, le procureur général Eddy Minang a tenu à répondre point par point.
« Les faits ont été commis à Libreville. Ils ont été interpellés à Libreville. La seule adresse mentionnée dans le dossier, c’est celle de Libreville. Donc, nous avons respecté les dispositions légales », a-t-il assuré.
Concernant le recours annoncé par les avocats, le magistrat a été catégorique :
« Il n’y a aucun recours dans le dossier. Ces avocats qui parlent depuis la France n’ont posé aucun acte. Les seuls qu’ils ont faits, ce sont deux ou trois conférences de presse », a-t-il ironisé.
Un procès sous haute tension, même en l’absence des accusés
Malgré l’absence probable de Sylvia et Noureddin Bongo à l’audience, la procédure ira à son terme.
« L’article 145 du Code de procédure pénale prévoit que si un accusé renvoyé devant la Cour criminelle ne se présente pas, il peut être jugé selon la procédure de contumace », a rappelé Eddy Minang.
Cette clarification ferme la porte à toute hypothèse de report. Le procès, très symbolique, marque une nouvelle étape dans les enquêtes anticorruption lancées après la chute du régime Bongo en août 2023, à la suite du coup d’État militaire qui a mis fin à plus de cinquante ans de règne familial.
Une affaire emblématique de la lutte anticorruption au Gabon
Depuis la prise du pouvoir par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), plusieurs proches de l’ancien président Ali Bongo Ondimba ont été interpellés ou mis en examen pour des faits présumés de détournement de fonds publics.
Le dossier de Sylvia et Noureddin Bongo demeure l’un des plus sensibles du pays, mêlant enjeux judiciaires, politiques et symboliques.
Il sera suivi de près, tant au Gabon qu’à l’étranger, comme un test de crédibilité pour la nouvelle justice gabonaise.
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