Le président américain, de retour sur la scène internationale depuis son second mandat, a justifié cette relance comme une réponse « nécessaire » à la montée en puissance militaire de ses rivaux stratégiques.
« En raison des programmes d’essais menés par d’autres pays, j’ai demandé au ministère de la Guerre de commencer à tester nos armes nucléaires sur un pied d’égalité. Ce processus commencera immédiatement », a déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Cette annonce, au ton martial, a été publiée quelques minutes avant sa rencontre très attendue avec le président chinois Xi Jinping à Busan, en Corée du Sud, une coïncidence qui n’a pas échappé aux observateurs.
Un bras de fer nucléaire relancé
Selon le président américain, les États-Unis possèdent plus d’armes nucléaires que tout autre pays, suivis par la Russie et la Chine.
« La Russie arrive en deuxième position et la Chine loin derrière en troisième, mais elle rattrapera son retard d’ici cinq ans », a-t-il ajouté, se félicitant de la « supériorité » américaine.
Pourtant, les données du Sipri (Institut de recherche international pour la paix de Stockholm) nuancent ce tableau. Le dernier rapport de l’institut évalue le stock d’ogives nucléaires russes à 5 489, contre 5 177 pour les États-Unis et environ 600 pour la Chine.
Au total, plus de 12 200 ogives sont actuellement répertoriées dans le monde, réparties entre neuf puissances : Russie, États-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Pakistan, Inde, Israël et Corée du Nord.
Poutine vante ses nouvelles armes : Bourevestnik et Poséidon
La décision de Donald Trump intervient alors que Vladimir Poutine multiplie les démonstrations de puissance militaire.
Dimanche dernier, le président russe s’est félicité du test final réussi du missile de croisière à propulsion nucléaire Bourevestnik, un engin présenté comme doté d’une portée « illimitée » et capable de contourner tout système d’interception connu.
« C’est inapproprié », avait réagi Donald Trump, exhortant son homologue russe à « mettre fin à la guerre en Ukraine » plutôt qu’à « agiter la menace atomique ».
Mais le Kremlin a poursuivi sur sa lancée. Dès le lendemain, Vladimir Poutine a révélé un nouvel essai du drone sous-marin Poséidon, équipé d’un système de propulsion nucléaire et capable d’emporter des charges atomiques.
« Aucun autre appareil dans le monde n’est égal à celui-là par sa vitesse et la profondeur à laquelle il opère », a-t-il déclaré à la télévision publique russe, affirmant qu’il n’existait « aucun moyen de l’intercepter ».
Un retour à la logique de dissuasion
La relance des essais américains marque un tournant historique dans la politique nucléaire mondiale. Depuis 1992, les États-Unis s’étaient abstenus de tout essai réel, se contentant de simulations informatiques.
Mais cette nouvelle escalade pourrait raviver les tensions stratégiques entre Washington, Moscou et Pékin, dans un contexte international déjà fragilisé par la guerre en Ukraine et les rivalités technologiques entre grandes puissances.
Pour de nombreux experts, cette annonce de Donald Trump s’inscrit davantage dans une logique politique et symbolique que militaire : celle d’un président cherchant à affirmer la domination américaine face à deux puissances jugées de plus en plus agressives.
Une inquiétude mondiale grandissante
Les réactions de la communauté internationale ne se sont pas encore fait entendre, mais les organisations pacifistes redoutent une nouvelle course aux armements nucléaires, trente ans après la fin de la Guerre froide.
« Cette décision pourrait ouvrir une boîte de Pandore », alerte déjà un diplomate européen à Bruxelles. « Si les États-Unis franchissent le pas, la Russie et la Chine suivront sans doute. »
Alors que le monde fait face à des crises multiples – climatiques, économiques et sécuritaires –, la résurgence du spectre nucléaire renvoie l’humanité à ses peurs les plus anciennes : celle d’une destruction totale.
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