Quelques heures avant la dissolution, le chef de l’État avait confié la direction du gouvernement provisoire à Sushila Karki, ancienne juge en chef de la Cour suprême. Cette décision est intervenue après la démission forcée de KP Sharma Oli, cible de la colère populaire.
Le mouvement, mené par la jeunesse népalaise, notamment la « génération Z », a éclaté à la suite d’une interdiction des réseaux sociaux – mesure depuis levée – et a rapidement pris la forme d’un soulèvement national contre la corruption. Le bilan est lourd : au moins 51 morts et plus de 1 300 blessés.
Selon le communiqué présidentiel, cette transition a été décidée après de difficiles négociations entre Ramchandra Paudel, le chef de l’armée Ashok Raj Sigdel et les leaders de la contestation.
L’annonce a immédiatement suscité des réactions à l’étranger, notamment de la part de l’Inde, voisine du sud. Le Premier ministre Narendra Modi a félicité Sushila Karki sur le réseau X (anciennement Twitter), affirmant que New Delhi restait engagée en faveur de la « paix, du progrès et de la prospérité du peuple népalais ».
Dans les rues de Katmandou, un début de normalisation était visible samedi, avec la réouverture des magasins et la reprise du trafic, après plusieurs jours de paralysie et de couvre-feu partiel.
Derrière cette accalmie, la colère demeure. Devant la résidence officielle du Premier ministre, des proches de victimes continuent de réclamer que leurs disparus soient reconnus comme martyrs nationaux, ce qui ouvrirait droit à une indemnisation.
« Mon frère est mort pour le pays. Il doit être déclaré martyr et mes parents doivent recevoir une compensation », a déclaré Sumitra Mahat, dont le frère de 21 ans a été abattu lors des affrontements. Plusieurs familles refusent toujours de récupérer les corps tant que leurs revendications ne sont pas entendues.
Le Népal, pays de 30 millions d’habitants enclavé entre la Chine et l’Inde, traverse une période d’instabilité chronique depuis l’abolition de la monarchie en 2008. Sur fond de crise économique et de corruption persistante, des millions de jeunes continuent d’émigrer vers le Moyen-Orient, la Malaisie ou la Corée du Sud en quête de meilleures opportunités.
La nomination de Sushila Karki et l’annonce des élections de mars représentent un tournant décisif. Mais la Première ministre par intérim devra, dans l’immédiat, répondre à la demande de justice des familles endeuillées et restaurer la confiance d’une jeunesse déterminée à en finir avec la corruption et l’impunité.
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