Prévue dans la commune de Cocody, cette « marche pour la paix et les libertés » avait été initiée par un front commun rassemblant le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), deux formations dont les leaders n’ont pas été retenus pour la prochaine élection présidentielle.
Mais les autorités ont interdit la manifestation, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. Selon le ministère de l’Intérieur, 237 personnes ont été interpellées à Abidjan et 18 autres à Dabou, à une quarantaine de kilomètres de la capitale économique, rapporte notre correspondant sur place, Abdoul Aziz Diallo.
Un boulevard sous surveillance
Dès les premières heures de la matinée, le boulevard Latrille, principal axe prévu pour le cortège, a été placé sous haute surveillance. Au carrefour Saint-Jean, les forces de sécurité procédaient à des contrôles systématiques, empêchant tout regroupement. Plusieurs jeunes manifestants ont été interpellés, parfois violemment, selon des témoins. « Je viens marcher pour la paix et je vois les corps habillés qui prennent les enfants partout. Celui qui vient, on le met dans le cargo. On ne peut pas marcher», raconte une militante
Gaz lacrymogènes et colère contenue
Un second groupe de manifestants a tenté de se rassembler dans le quartier voisin de Blockhaus, avant d’être dispersé à coups de gaz lacrymogènes. « On regarde ces choses-là, la mort dans l’âme », confie un habitant proche de l’opposition. « Les gens ont déjà marché pacifiquement à Yopougon sans incident. Pourquoi empêcher celle-ci ? Ce qu’on voit, c’est de la violence gratuite. »
Appel au dialogue
Malgré la répression, les initiateurs de la marche saluent la mobilisation des militants. Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, appelle au dialogue :
« Il y a eu une volonté ferme de la population de manifester son mécontentement, malgré un dispositif militaire impressionnant. Le pouvoir avance seul vers des élections qu’il pense maîtriser. »
De son côté, le ministre de l’Intérieur, le général Vagondo Diomandé, défend l’action des forces de l’ordre. Selon lui, elles ont « fait leur travail de manière régalienne et dans le strict respect des règles ». Les personnes interpellées, précise-t-il, seront traduites devant la justice.
Alors que la campagne électorale approche, cet épisode illustre la crispation croissante entre le pouvoir et une opposition marginalisée mais toujours déterminée à faire entendre sa voix.
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