« En théorie, ce sont les deux personnes qui manquaient », a indiqué un porte-parole des secours andalous. La Garde civile a confirmé que 43 corps avaient déjà été identifiés et qu’aucun nouveau signalement de disparition n’avait été transmis par les familles.
Les victimes ont été retrouvées dans une voiture du train de la Renfe, percuté de plein fouet par plusieurs wagons d’un train à grande vitesse de l’opérateur privé Iryo, détenu majoritairement par le groupe italien Trenitalia. Ces wagons avaient déraillé avant de se déporter sur la voie opposée, alors que les trains circulaient à plus de 200 km/h.
Depuis plusieurs jours, d’importants moyens mécaniques étaient mobilisés à Adamuz pour découper les carcasses métalliques et dégager les corps coincés dans les rames. Selon le dernier bilan médico-légal, la majorité des victimes se trouvaient à bord du train Renfe, les autres ayant été retrouvées sur les voies ou dans le train Iryo. Les passagers portés disparus étaient majoritairement de nationalité espagnole, avec trois ressortissants étrangers.
Une enquête technique jugée « complexe »
Les causes exactes de l’accident demeurent inconnues. Le gouvernement espagnol a exclu toute piste de sabotage, tandis que l’enquête se concentre sur une possible rupture de rail de plus de 30 centimètres à l’endroit de la collision. D’autres éléments, comme la découverte d’un bogie dans un cours d’eau voisin, font également l’objet d’analyses.
Le ministre des Transports, Óscar Puente, a souligné la complexité de l’enquête, qui porte à la fois sur l’infrastructure, le matériel roulant, les systèmes de sécurité et les conditions d’exploitation. Il a défendu la fiabilité du réseau ferroviaire espagnol, fragilisé par une semaine marquée par plusieurs accidents.
En Catalogne, un autre incident ferroviaire a fait un mort et plusieurs dizaines de blessés après l’effondrement d’un mur sur des voies, entraînant l’arrêt total du réseau de trains de banlieue, affectant près de 400 000 usagers quotidiens. Jeudi, un nouvel accident impliquant un train et un camion-grue près de Carthagène a encore renforcé le sentiment de crise.
Pression politique et sociale
Face à cette série noire, le gouvernement de Pedro Sánchez est sous forte pression. Le syndicat des conducteurs de train Semaf a qualifié ces accidents de « point d’inflexion » et a annoncé une grève nationale les 9, 10 et 11 février, réclamant des réformes urgentes pour garantir la sécurité ferroviaire.
Le syndicat dénonce notamment l’absence de réponses aux alertes répétées sur le mauvais état de certaines voies, restées sans intervention pendant des mois, voire des années. Une crise qui pose désormais la question de la sécurité du réseau ferroviaire espagnol à l’échelle nationale.
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