Dans la capitale, Yaoundé, les préparatifs ont pris des allures de fête nationale. Effigies géantes du président, drapeaux vert-rouge-jaune flottant à chaque carrefour et banderoles bilingues « Merci au peuple souverain qui m’a élu » ont donné le ton d’une journée hautement symbolique.
Selon notre correspondant sur place, Polycarpe Essomba, les forces de l’ordre ont été déployées en nombre pour encadrer une cérémonie décrite comme l’une des plus protocolaires de l’histoire récente du pays.
L’Assemblée nationale, organisatrice de l’événement, a convié près de 1 500 invités, parmi lesquels les principales autorités nationales et le corps diplomatique. Contrairement à la proclamation des résultats en octobre, les ambassadeurs occidentaux – de l’Union européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni ou encore du Canada – ont cette fois répondu présents.
Même les anciens candidats à la présidentielle ont été invités, y compris Issa Tchiroma Bakary, qui continue de revendiquer sa victoire au scrutin du 12 octobre et se dit actuellement « mis à l’abri ».
Un discours très attendu
La cérémonie, débutée à midi heure locale, a été marquée par l’arrivée du couple présidentiel au Palais de l’Assemblée nationale. Après la prestation de serment, Paul Biya a prononcé une allocution très attendue, sa première prise de parole publique depuis le début du processus électoral.
Ce discours devait, selon plusieurs observateurs, donner le ton de ce nouveau mandat : appel à l’unité nationale ou poursuite d’un pouvoir centralisé, après une campagne marquée par des violences, plusieurs morts et de nombreuses arrestations.
« Les Camerounais espèrent un message d’apaisement, surtout après les scènes de tension observées ces derniers jours dans plusieurs grandes villes », confie une source diplomatique sous couvert d’anonymat.
L’opposition dénonce une “confiscation du pouvoir”
Dans le même temps, la contestation politique reste vive. Le Cameroon People’s Party (CPP) a adressé, mardi 4 novembre, une lettre ouverte au corps diplomatique, dénonçant une « confiscation de la souveraineté populaire » et les arrestations arbitraires de militants de l’opposition.
Son secrétaire général, Franck Essi, a appelé la communauté internationale à « ne pas cautionner un processus électoral illégitime ». Dans plusieurs régions, l’appel du CPP et d’autres formations à observer des “villes mortes” a été diversement suivi.
Afrique
Europ et Moyen-Orient
Amériques
Asie










